L’UE va déployer une mission en Moldavie pour lutter contre l’ingérence étrangère

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont approuvé lundi (24 avril) le lancement d’une nouvelle mission civile qui sera déployée en Moldavie pour aider Chisinau dans sa lutte contre les ingérences étrangères et les menaces hybrides.

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La mission, baptisée « Mission de partenariat de l’Union européenne en Moldavie » (EUPM Moldova), consistera en une équipe de conseillers civils et sera opérationnelle durant deux ans. [SHUTTERSTOCK/Alexander Gustav]

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont approuvé lundi (24 avril) le lancement d’une nouvelle mission civile qui sera déployée en Moldavie pour aider Chisinau dans sa lutte contre les ingérences étrangères et les menaces hybrides.

La mission, baptisée « Mission de partenariat de l’Union européenne en Moldavie » (EUPM Moldova), consistera en une équipe de conseillers civils et sera opérationnelle durant deux ans.

Stefano Tomat, actuellement directeur exécutif de la capacité civile de planification et de conduite (CPCC) du Service européen pour l’Action extérieure (SEAE), devrait être nommé commandant des opérations civiles, tandis qu’un chef de mission dirigeant les opérations sur le terrain sera nommé « dans un avenir proche ».

En plus de se concentrer sur la gestion de crise, la mission vise à envoyer un « signal politique » à la Russie indiquant que l’UE soutient la Moldavie, pays aux prises avec l’influence russe depuis 1992, a confié un diplomate de l’UE à EURACTIV.

De nombreuses alertes sécuritaires ont poussé la Moldavie à fermer son espace aérien à plusieurs reprises pour assurer sa sécurité. Étant entièrement dépendant du gaz russe transitant par l’Ukraine pour sa consommation d’énergie, le pays a également été confronté à une grave crise énergétique et s’est tourné vers l’UE pour obtenir de l’aide.

En février dernier, la présidente de la Moldavie, Maia Sandu, a averti que la Russie prévoyait un coup d’État dans son pays, ce qui l’a obligée à remanier rapidement le gouvernement, qui est tombé sur fond de turbulences économiques et de pressions russes croissantes.

Lutte contre les menaces hybrides

La mission de l’UE en République de Moldavie « contribue à renforcer la résilience du secteur sécuritaire » du pays « dans les domaines de la gestion de crise et des menaces hybrides, y compris la cybersécurité et la lutte contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères », peut-on lire dans la décision du Conseil relative à la mission.

L’une des tâches principales de la mission consistera à « contribuer au renforcement de la résilience face aux menaces hybrides ».

Pour ce faire, les États membres prévoient de vastes activités pour « apporter des conseils à un niveau stratégique sur le développement de stratégies et de politiques visant à contrer les menaces hybrides et la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères ».

La décision inclut « la désinformation, afin de renforcer la cybersécurité et aux fins de la protection des informations classifiées ». Elle comprendrait aussi le recensement des « besoins en matière de renforcement des capacités dans le secteur de la sécurité en ce qui concerne l’alerte précoce, la détection, l’identification, l’attribution des menaces et la réaction auxdites menaces » ainsi que la réponse à y apporter.

L’autre tâche principale consiste à « renforcer les structures moldaves de gestion de crises centrées sur le secteur sécuritaire ».

La mission vise d’abord le « recensement des besoins en matière d’organisation, de formation et d’équipement », ce qui conduira ensuite à des idées et à la mise en œuvre de solutions, peut-on lire dans la décision, sans plus de précisions.

Un budget de 3,5 millions d’euros a été débloqué pour couvrir les besoins de la mission au cours des quatre prochains mois, mais le « montant de référence financière pour toute période ultérieure est arrêté par le Conseil », précise le texte de la décision.

Le faible montant et le calendrier peu ambitieux résultent du manque d’argent dans le budget de l’UE alloué au financement des missions civiles.

Par ailleurs, la taille de la mission reste à déterminer, bien qu’elle doive être « évolutive et modulaire par nature afin de pouvoir, au fil du temps, s’adapter à des réalités changeantes », a déclaré un responsable de l’UE dans une note interne antérieure sur la question.

Réformes en vue de l’adhésion

L’UE mène déjà différentes activités en Moldavie liées à la réforme et au soutien apporté au secteur sécuritaire, notamment une mission d’assistance à la frontière entre la Moldavie et l’Ukraine (EU BAM Moldavie/Ukraine). Il s’agit d’une plateforme de partage des meilleures pratiques sur la lutte contre le commerce illicite en provenance de l’Ukraine soutenue par Frontex.

La mission présentée lundi pourrait créer des liens entre les activités existantes, a expliqué un second diplomate européen à EURACTIV.

Malgré les tensions internes, les dirigeants de l’UE ont accordé le statut de candidat officiel au pays en juin dernier et les autorités moldaves ont mis l’accent sur leur engagement en faveur des réformes.

Selon les responsables de l’UE, la mission devrait également aider le pays à se rapprocher des normes de l’Union européenne.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]