L’Ukraine et la sécurité énergétique en tête des priorités de la présidence tchèque de l’UE
Le gouvernement tchèque a présenté ses priorités pour sa prochaine présidence de l’UE mercredi (15 juin), mettant en avant les questions du statut de candidat à l’UE de l’Ukraine, ainsi que la sécurité énergétique.
Le gouvernement tchèque a présenté ses priorités pour sa prochaine présidence de l’UE mercredi (15 juin), mettant en avant les questions du statut de candidat à l’UE de l’Ukraine, ainsi que la sécurité énergétique.
L’invasion de l’Ukraine par la Russie est au cœur de la présidence tchèque du Conseil de l’UE, à la fois pour ce qui est de la question de l’aide humanitaire à apporter au pays et également en ce qui concerne les pressions à exercer pour que Kiev obtienne le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne.
Depuis le début de la guerre, la République tchèque est l’un des plus ardents défenseurs du statut de candidat pour l’Ukraine, avec la Pologne et les États baltes, et elle a déclaré son intention de profiter de la présidence pour « travailler à l’obtention d’un consensus » sur la question. Le ministre tchèque chargé des Affaires européennes, Mikuláš Bek, a récemment confié aux médias tchèques qu’il pensait qu’une telle démarche bénéficiait d’un large soutien.
La présidence soutiendra également le maintien de l’« utilisation des instruments de l’UE pour les livraisons d’armes à l’Ukraine ». Lors de la présentation des priorités de la présidence, le Premier ministre tchèque Petr Fiala (ODS, ECR), a déclaré : « Ce que nous devons faire pour mettre fin à la guerre est clair : [il faut] faire pression sur la Russie, maintenir l’unité européenne, continuer à soutenir l’Ukraine et essayer de faire en sorte que les projets belliqueux de Vladimir Poutine n’aboutissent pas ».
M. Fiala a également souligné la nécessité d’une solidarité à travers le bloc pour faire face à l’afflux de réfugiés ukrainiens, la République tchèque en ayant accueilli plus de 350 000. En coopération avec la Commission européenne, la présidence se concentrera sur l’allocation des fonds suffisants aux États membres, aux organisations et aux acteurs de la société civile qui s’attaquent à la crise.
En outre, la présidence tchèque espère organiser un sommet UE-Ukraine en octobre 2022, auquel devrait participer le président ukrainien Volodymyr Zelensky, l’organisation de ce sommet dépendant toutefois de la situation sécuritaire dans le pays à ce moment-là.
Prague souhaite également garantir une mise en œuvre et une application efficaces des sanctions imposées à Moscou et soutenir les enquêtes sur les crimes de guerre en coopération avec la Cour pénale internationale (CPI).
Le nucléaire pour assurer la sécurité énergétique
Une autre priorité de la présidence tchèque sera de promouvoir le développement des infrastructures énergétiques et de renforcer la résilience du secteur énergétique de l’Union.
Prague a confirmé son soutien inconditionnel aux paquets législatifs Fit for 55 et REPowerEU de l’UE, y compris toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à la dépendance de l’Europe à l’égard des importations d’énergie russe d’ici 2027.
« Enfin et surtout, la présidence tchèque se concentrera sur le rôle de l’énergie nucléaire pour assurer la sécurité énergétique de l’UE et atteindre les objectifs climatiques de l’UE », peut-on lire dans le document officiel présenté le 15 juin.
Le rôle de l’énergie nucléaire au sein de l’UE a fait l’objet d’un intense débat ces derniers temps. En effet, mardi 14 juin, deux commissions du Parlement européen ont cherché à exclure le nucléaire et le gaz de la taxonomie verte de l’UE, comme cela avait été proposé dans l’acte délégué de la Commission.
Si la résolution des commissions est soutenue par la plénière du Parlement en juillet, l’exécutif européen sera obligé de retirer ou de modifier l’acte délégué, ce qui pourrait décourager les potentiels investisseurs de financer des projets nucléaires.
Interrogé sur la question controversée de la durabilité de l’énergie nucléaire par EURACTIV République tchèque, le Premier ministre tchèque, M. Fiala, est resté ferme sur le soutien du pays aux projets nucléaires. « Nous continuerons à faire pression pour que le nucléaire soit l’une des sources d’énergie bénéficiant d’un soutien », a-t-il déclaré.
Il a toutefois reconnu le caractère sensible du débat. « Je n’aurai pas peur de la discussion. Elle est cruciale pour l’avenir de l’Europe. »
Outre l’Ukraine et la sécurité énergétique, les priorités de la présidence tchèque incluent la défense, la cybersécurité et le renforcement de la résilience économique du bloc — notamment en mettant l’accent sur la recherche de nouvelles sources de matières premières et de technologies cruciales.
Prague se concentrera également sur le renforcement des principes démocratiques en animant des discussions sur l’État de droit. En ce qui concerne les désaccords existants avec Varsovie et Budapest sur cette question, la présidence a souligné son engagement à faire en sorte que « toutes les parties prenantes adoptent une approche constructive pour résoudre la situation actuelle ».