L’Ukraine exhorte les entreprises à ne pas attendre la fin de la guerre pour investir
Mardi (11 juin), une délégation ukrainienne a tenté de convaincre les entreprises que le pays est sûr pour les investissements malgré la guerre en cours avec la Russie, alors que l’UE espère stimuler ses efforts en ce sens avec de nouvelles garanties pour les entreprises.
Mardi (11 juin), une délégation ukrainienne a tenté de convaincre les entreprises que le pays est sûr pour les investissements malgré la guerre en cours avec la Russie, alors que l’UE espère stimuler ses efforts en ce sens avec de nouvelles garanties pour les entreprises.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le chancelier allemand Olaf Scholz et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen étaient réunis à Berlin mardi pour la troisième édition de la conférence sur la reconstruction de l’Ukraine, qui a rassemblé 2 000 décideurs et chefs d’entreprise dans le but de créer des relations d’affaires pour la reconstruction du pays.
Selon la Banque mondiale, le coût des réparations des dégâts causés par l’invasion russe s’élève à 486 milliards de dollars. Les dirigeants ukrainiens ont indiqué mardi qu’ils souhaitaient commencer la reconstruction le plus tôt possible, même si les combats se poursuivent encore aujourd’hui dans le pays.
« Je voudrais appeler les entreprises à ne pas attendre la fin de la guerre pour investir en Ukraine. Commencez à travailler dès maintenant », a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouléba, aux participants.
« Faites confiance à l’esprit d’entreprise des Ukrainiens. […] Nous avons des gens qui veulent reconstruire leur pays. Les aider à accéder à des prêts de capitaux est d’une importance fondamentale », a-t-il poursuivi.
Avant la conférence, un haut fonctionnaire du gouvernement allemand a confié à la presse que « ce qui est devenu clair pour nous lors des discussions avec les Ukrainiens, ce n’est pas que […] la reconstruction commence [après la guerre], mais que les Ukrainiens considèrent la reconstruction comme une tâche permanente, même pendant la guerre ».
Toutefois, alors que les dirigeants ont insisté sur le fait que l’investissement privé était indispensable à la reconstruction, les entreprises hésitent à exposer leurs employés et leurs fonds aux risques de la guerre, malgré l’intérêt qu’elles portent au pays de manière générale.
« Le nombre de membres de notre chambre de commerce à Kiev a augmenté de plus de 60 % l’année dernière », a souligné Olaf Scholz. Et d’ajouter que les entreprises sont « conscientes du potentiel que l’Ukraine a à offrir ».
Il a insisté sur la solidité de l’industrie agricole ukrainienne, les secteurs de croissance tels que l’énergie durable et la perspective d’adhésion du pays à l’Union européenne.
Pourtant, l’Ukraine continue de subir des attaques de missiles et des coupures d’électricité, la Russie ciblant son infrastructure énergétique, comme l’a fait remarquer Volodymyr Zelensky à Berlin, renouvelant son appel aux alliés pour qu’ils fournissent au pays en guerre des systèmes de défense antiaérienne Patriot supplémentaires.
Les participants à la conférence ont également mis l’accent sur le fait que les entreprises internationales ne savent généralement pas que certaines parties de l’Ukraine sont sûres pour les affaires.
Certains ont souligné que le département d’État américain avait déconseillé aux entreprises de se rendre dans le pays, ce qui les a dissuadées de s’y engager, puisqu’une seule banque américaine continue d’opérer en Ukraine.
Les querelles au sein du gouvernement ukrainien, qui ont vu le chef de l’agence de reconstruction démissionner la veille de la conférence en s’en prenant à Volodymyr Zelensky et aux problèmes de corruption, n’ont pas contribué à renforcer la confiance dans le pays.
Nouvelles garanties pour les entreprises
Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, a constaté un manque de garanties pour les entreprises qui souhaitent s’installer en Ukraine, tout en soulignant que l’Allemagne avait étendu ses garanties d’investissement aux entreprises malgré la guerre.
Dmytro Kouléba a plaidé auprès des dirigeants étrangers pour qu’ils fournissent des incitations à l’investissement privé en Ukraine.
L’UE semble elle aussi avoir conscience du problème, puisque Ursula von der Leyen a annoncé lors de la conférence de mardi que l’Union avait obtenu 1,4 milliard d’euros de financement pour des garanties commerciales et des subventions destinées aux entreprises privées qui investissent en Ukraine.
Cet accord, que l’Allemagne avait soutenu avant la conférence, fait partie d’un ensemble plus large de garanties et de subventions — le cadre d’investissement pour l’Ukraine (Ukraine Investment Framework) — qui devrait atteindre 9,3 milliards d’euros.
« De cette manière, nous, l’Union européenne, aidons [les entreprises] à éliminer certains des risques associés aux prises de participation [en Ukraine] », a expliqué Ursula von der Leyen aux participants.
L’UE espère encourager 40 milliards d’euros d’investissements privés et publics en Ukraine grâce à ce cadre.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]