Macron appelle à un "moment de refondation" pour l'Europe
Lors d’une rencontre à Vienne en Autriche, les chefs d’Etat français et autrichien ont fait part de leur vue commune sur les travailleurs détachés. Macron a appelé un «moment de refondation » et annoncé une proposition de réforme de l’UE d’ici fin 2017.
Lors d’une rencontre à Vienne en Autriche, les chefs d’Etat français et autrichien ont fait part de leur vue commune sur les travailleurs détachés. Macron a appelé un «moment de refondation » et annoncé une proposition de réforme de l’UE d’ici fin 2017.
« Je tiens à souligner que l’Europe doit avancer de façon commune » a souligné le chancelier autrichien, Christian Kern, et déclarant qu’il ne voulait pas voir de distinction entre ancienne et nouvelle Europe. L’Autriche doit prendre la présidence tournante de l’UE au second semestre 2018.
A propos de la modification de la directive travailleurs détachés, le chancelier autrichien a souligné que le nombre de 166.000 travailleurs détachés en Autriche en 2016, soit une augmentation de 25 % en un an, qui devrait avoir encore augmenté en 2017. « Nous avons peur d’un dumping social, que l’on sape les normes applicables dans notre pays » a insisté le chancelier qui appelle à une solution rapide sur le sujet.
« Souvent les niveaux de salaire appliqués ne sont pas corrects, mais les sanctions ne peuvent être appliquées parce que la coopération avec les pays détachant les travailleurs ne fonctionnent pas bien» a regretté le dirigeant autrichien.
Outre l’enjeu d’équité sociale, les dirigeants ont évoqué celui des règles budgétaires que le chancelier autrichien souhaite « très très strictes ». L’Autriche a souligné le besoin d’objectifs communs en ce qui concerne le taux de chômage et la législation sociale ou d’assiette commune pour la taxation des entreprises comme Apple.
Appel à un « moment de refondation »
De son côté, le président français a insisté sur le fait que la directive européenne sur le travail détaché était « une trahison de l’esprit européen dans ses fondamentaux ».
« Le marché unique européen et la libre circulation des travailleurs n’ont pas pour but de favoriser les pays qui font la promotion du moindre droit social », a souligné M. Macron, « et c’est ce qui dans nos pays nourrit le populisme et érode la confiance dans le projet européen » a ajouté le président français, en se félicitant de l’alignement parfait de la position de la France et de l’Autriche sur la question des travailleurs détachés.
« L’Europe a besoin d’un moment de refondation important. J’ai été frappé de voir combien sur certains sujets, comme le sociaux, le budget de la zone euro et un Parlement de la zone euro, la vitalité démocratique, il y avait une communauté de vue extrêmement forte » a assuré le dirigeant. Le président français se dit conforté pour élaborer une nouvelle initiative, d’ici la fin de l’année, pour réformer l’Europe en profondeur.