Malgré des renflouements coûteux, l’Allemagne bénéficie toujours de l’euro
Même si l’Allemagne devait effacer les prêts qu’elle a accordés à des pays d’Europe méridionale dans le cadre de mesures de sauvetage d’urgence de la zone euro, les avantages économiques de son adhésion à l’euro seraient toujours énormes, selon une étude récente de la fondation Bertelsmann.
Même si l’Allemagne devait effacer les prêts qu’elle a accordés à des pays d’Europe méridionale dans le cadre de mesures de sauvetage d’urgence de la zone euro, les avantages économiques de son adhésion à l’euro seraient toujours énormes, selon une étude récente de la fondation Bertelsmann.
L'idée généralement admise par l'opinion publique allemande est que le pays porte la zone euro à bout de bras, car Berlin a adopté des plans de renflouement pour sauver la Grèce, l'Irlande et le Portugal de la faillite. Selon un sondage d'opinion mené en été 2012, plus de 65 % des personnes interrogées seraient en faveur d'un retour au deutsche mark.
Cette analyse ignore toutefois les avantages énormes de l'adhésion de l'Allemagne à l'euro, selon une étude publiée par la fondation Bertelsmann le 30 avril.
« Sans l’euro, la croissance du produit intérieur brut [PIB] en volume en Allemagne serait inférieure d’environ 0,5 % par an », peut-on lire dans cette étude, qui précise que, sans la monnaie unique, l’Europe « s’effondrerait politiquement » et deviendrait « un joueur perdant dans la compétition internationale ».
Les projections pour l'avenir s'avèrent optimistes, selon cette étude. « Les avantages d'une adhésion à l'euro pour la croissance donnent lieu à un bénéfice de près de 1,2 mille milliards d'euros entre 2013 et 2025. » Pour chaque citoyen allemand, cela représente un revenu supplémentaire moyen « d'environ 1 100 euros par an » au cours de cette période, selon cette étude.
Les données de l'étude de la fondation Bertelsmann s'appuient sur certains des avantages de l'adhésion à l'euro les moins concrets dans l'immédiat. Par exemple, « l’adhésion de l’Allemagne à l’union monétaire a réduit les coûts pour le commerce international et a protégé les taux de change de fortes fluctuations », a déclaré Aart De Geus, président-directeur général de la fondation Bertelsmann.
« Cela signifie que, même si l'Allemagne devait effacer un pourcentage important des prêts accordés à des États très endettés du sud de l'Europe dans le cadre de différentes mesures de sauvetage de l'euro, les avantages économiques de son adhésion à l'union monétaire prédomineraient toujours. »
Cette étude survient sur fond de désenchantement grandissant de l'opinion publique allemande à propos de l'adhésion du pays à l'euro, en amont des élections générales en septembre. Le mois dernier, le nouveau parti antieuro « Alternative Allemagne », a tenu son congrès fondateur. Il s'agit du signal le plus fort jusqu'à présent qui indique que l'Europe et sa monnaie chancelante manquent de crédibilité auprès de l'opinion publique allemande.
>> Lire : Le prochain grand défi de la zone euro ? Le scepticisme allemand
Les sondages d’opinion ne sont cependant pas toujours clairs et illustrent une certaine ambivalence face à l’euro. Selon un sondage de la chaîne publique allemande ARD publié aujourd'hui (3 mai), 58 % des Allemands considèrent que le gouvernement doit tout faire pour sauver la monnaie unique. Dans le même temps, 76 % estiment que l’euro survivra à la crise actuelle.