Malgré des ressources limitées, l’Italie prête à un soutien au long terme de l'Ukraine
La Première ministre italiennne, Giorgia Meloni, s’est engagée à soutenir l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire, y compris pour sa reconstruction, et ce malgré des ressources limitées et une opinion publique de plus en plus dubitative face au soutien italien.
La Première ministre italiennne, Giorgia Meloni, s’est engagée à soutenir l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire, y compris pour sa reconstruction, et ce malgré des ressources limitées et une opinion publique de plus en plus dubitative face au soutien italien.
Mme Meloni a rencontré M. Zelensky lors du sommet de la Communauté politique européenne (CPE) jeudi (5 octobre) pour discuter du prochain paquet d’aide militaire de l’Italie.
L’Italie a confirmé que son soutien à l’Ukraine durerait « aussi longtemps que nécessaire » pour parvenir à « une paix juste, durable et globale », a déclaré Mme Meloni, ajoutant que l’Italie contribuerait également à la reconstruction d’Odessa, une ville portuaire ukrainienne ravagée par l’invasion russe.
« Soutenir l’Ukraine n’est pas seulement une bonne chose, c’est aussi la meilleure façon de défendre l’intérêt national. Nous avons toujours soutenu l’Ukraine et nous continuerons à le faire en fonction des exigences qui se présentent et de la nécessité de ne pas saper ou compromettre notre sécurité », a déclaré Mme Meloni lors d’un entretien accordé à Sky Tg24.
Lundi (2 octobre), le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre Antonio Tajani avait déjà annoncé un nouveau programme d’aide italien pour Kiev, sans qu’aucun détail technique ne soit rendu public.
Donner sans compromettre la défense italienne
« La disponibilité est là, mais pour l’instant, il ne s’agit que d’une déclaration d’intention », a expliqué le ministre de la Défense Guido Crosetto (Fratelli d’Italia/CRE).
« Il faut voir ce que l’on est capable de donner sans compromettre la nécessité de préserver toujours la défense italienne. L’Ukraine demande constamment de l’aide. Nous devons voir ce que nous sommes en mesure de donner par rapport à ce dont ils auraient besoin », a ajouté M. Crosetto.
Dès janvier dernier, la question du vidage partiel des entrepôts contenant les stocks de la défense nationale a été soulevée. Selon les entreprises d’armement, il faudra deux ans pour récupérer la quantité de munitions remises à Kiev, sans compter les systèmes de défense avancés.
« L’Italie a beaucoup fait, s’est beaucoup concentrée sur les systèmes de défense antiaérienne pour stopper les attaques contre les infrastructures civiles et énergétiques, les villes, les écoles. Le problème est que nous ne disposons pas de ressources illimitées. De ce point de vue, l’Italie a fait presque tout ce qu’elle pouvait faire. Il n’y a pas beaucoup d’espace supplémentaire », reconnaît M. Crosetto.
En outre, la guerre a un impact considérable sur les citoyens italiens et européens : l’inflation, l’énergie et les migrations influencent l’opinion publique sur la guerre et l’aide apportée à l’Ukraine.
« Si nous voulons défendre fermement l’Ukraine, nous devons également prêter attention à ces [réalités]. Au fil du temps, l’opinion publique s’est détachée de la guerre parce qu’elle a coïncidé avec une hausse de l’inflation et des crises industrielles et de production. Tout cela a entraîné une détérioration des conditions de vie dans les pays des démocraties occidentales », a souligné M. Crosetto.