Malgré la pression, le gouvernement grec maintient le cap

Dans un contexte de plus en plus tendu pour l’État grec, le ministre des Finances George Papaconstantinou reste inflexible sur les mesures d’austérité.

EURACTIV.fr

Dans un contexte de plus en plus tendu pour l’État grec, le ministre des Finances George Papaconstantinou reste inflexible sur les mesures d’austérité.

« Aujourd’hui, nous avons le choix entre une voie difficile et une voie catastrophique », a déclaré le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou, lors d’un débat organisé par l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) mercredi 25 mai.

Les jeunes au chômage

Le message est tout d’abord destiné aux Grecs. Lundi 23 mai, le premier ministre George Papandreou a annoncé de nouvelles mesures d’austérité. Parmi celles-ci, un plan de privatisation immédiat, des hausses d’impôts et des coupes dans les dépenses sociales, alors que le chômage progresse et touche à présent 40% des moins de 24 ans.

Depuis, la jeune génération est dans la rue. Fait exceptionnel dans un pays où les manifestations sont en général prévues longtemps à l’avance, le rassemblement, transpartisan, s’est organisé sur Internet en moins de 24 heures. Il reprend le modèle des « indignés » qui se sont réunis à la Puerta del sol à Madrid.

Ainsi, le 24 mai au soir, ils étaient plus de 8000 sur la place Syntagma, au centre d’Athènes, pour protester en silence. Les rassemblements se poursuivent à ce jour.

Ne pas céder aux discours populistes

Mais le message du ministre grec des Finances s’adresse également à l’Europe. Il n’est pas question de céder au discours populiste selon lequel les pays du Nord de l’Europe paient pour les pays du Sud, a-t-il affirmé. Il a également indiqué que la Grèce ne sortirait pas de la zone euro.

Pourtant, au même moment, la commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, de nationalité grecque, jetait un pavé à la mare. Elle est la première haute responsable de l’UE à avoir évoqué publiquement ce sujet tabou, dans un communiqué de presse publié sur son site internet.

« Le scénario d’une sortie de la Grèce de l’euro est désormais sur la table, comme l’est sa mise en application. Je me vois obligée de parler de façon ouverte. Nous avons la responsabilité historique de regarder clairement ce dilemme en face : soit nous nous mettons d’accord avec nos créanciers sur un programme de durs sacrifices qui donnera des résultats (…), soit nous retournons à la drachme », a-t-elle déclaré, le 25 mai.

Pas de restructuration de la dette

George Papaconstantinou estime pourtant qu’il n’est pas question de restructurer la dette. « Même en oubliant les effets de contagion [aux autres États en difficulté], cela ne résout le problème des dépenses supérieures aux recettes. Ce n’est pas la solution », a-t-il défendu.

Ce sentiment est partagé par la plupart de ses homologues européens. Dans une interview au quotidien Handelsblatt, le 26 mai, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a pointé les risques d’une restructuration. Dans une telle hypothèse, les créanciers pourraient se précipiter pour récupérer leur mise et laisser le pays exsangue de tout moyen de paiement, a-t-il expliqué.

Une faillite de la Grèce pourrait avoir « des conséquences encore plus dramatiques que l’effondrement de Lehman Brothers », a-t-il ajouté, avant de plaider pour une restructuration « douce » de la dette grecque, via un rééchelonnement des paiements.

Mais, pour l’heure, George Papaconstantinou souhaite conserver coûte que coûte, la ligne de conduite adoptée par le gouvernement depuis le printemps 2010. « Nous prendrons tout le coût politique des mesures d’austérité car nous sommes à un moment historique pour la Grèce et pour l’Europe », a-t-il conclut.