Malte : le Parti travailliste perd sa supermajorité et Roberta Metsola entre dans l’histoire
Le Parti travailliste (PL, S&D) au pouvoir à Malte doit accepter la perte d'une supermajorité conservée pendant plus d'une décennie, alors que la candidate du Parti nationaliste (PN, PPE) et présidente sortante du Parlement européen, Roberta Metsola, entre dans l'histoire.
Le Parti travailliste (PL, S&D) au pouvoir à Malte doit accepter la perte d’une supermajorité conservée pendant plus d’une décennie, alors que la candidate du Parti nationaliste (PN, PPE) et présidente sortante du Parlement européen, Roberta Metsola, entre dans l’histoire.
Les résultats des élections européennes et municipales de Malte sont tombés dimanche (9 juin), et il est apparu clairement qu’ils seraient riches en surprises pour le PL. Bien que le Parti travailliste reste le vainqueur du scrutin, avec 45,3 % des voix contre 42 % pour le PN, il a vu son avance chuter de manière significative, passant d’une majorité de 42 000 voix en 2019 à seulement 8 454 cette année.
C’est également la première fois en dix ans que le PL obtient moins de 50 % du total des voix, alors que le taux de participation est resté égal à celui de 2019, à savoir environ 73 %.
Les résultats signifient que le PL devra renoncer à l’un de ses quatre eurodéputés, dont le siège sera attribué au PN, ce qui rétablira l’équilibre trois-trois de la délégation maltaise au Parlement européen.
«Votre décision nous a envoyé un message de confiance, mais aussi d’autres messages que nous avons bien compris », a déclaré le Premier ministre Robert Abela (PL) lors d’un rassemblement organisé à l’occasion de la victoire, dimanche après-midi.
« Alors que d’autres célèbrent une défaite », a-t-il expliqué en faisant référence au PN, «j e ne suis pas ici pour célébrer une victoire, mais pour vous dire que j’entends votre message avec beaucoup d’humilité. Les gens veulent une meilleure version du Parti travailliste, de moi-même en premier lieu. Dès demain, mon équipe se retroussera les manches et travaillera mieux dans votre intérêt ».
Le parti au pouvoir a été secoué par des scandales tout au long de son mandat, ininterrompu depuis 2013. Il s’agit notamment de l’assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia, des scandales impliquant la banque Pilatus, des programmes de citoyenneté en échange d’argent et d’investissements, Electrogas, la liste grise du GAFI et le scandale toujours en cours de Vitals Global Healthcare.
Dans ce dernier cas, des accusations ont été portées contre l’ancien Premier ministre Joseph Muscat, l’ancien ministre de la Santé Konrad Mizzi, l’ancien chef de cabinet Keith Schembri, le vice-Premier ministre et candidat à la Commission Chris Fearne, ainsi que d’autres responsables du parti.
Toutes les personnes inculpées nient avoir commis des actes répréhensibles, mais ces derniers incidents ont probablement joué un rôle important dans la perte de majorité du parti.
Roberta Metsola a quant à elle recueilli 80 % des voix de son parti, soit un tiers de l’ensemble des suffrages exprimés, entrant ainsi dans l’histoire électorale maltaise. Elle a obtenu un total de 87 473 voix, tandis que son homologue du PL, l’eurodéputé sortant Alex Saliba, n’en a obtenues que 63 899. Les autres eurodéputés élus sont David Casa (PN), Peter Agius (PN), Thomas Bajada (PL) et Daniel Attard (PL).
Le candidat indépendant Arnold Cassola aurait pu obtenir un siège d’eurodéputé, une première dans l’histoire de Malte, mais il a été devancé par les deux partis traditionnels, bien qu’il ait obtenu 4,9 % des voix grâce au système de vote unique transférable de Malte.
Il a déjoué les pronostics selon lesquels la troisième force la plus populaire de Malte serait Imperium Europe, un groupe néofasciste d’extrême droite dont le dirigeant a été condamné pour incitation à la haine raciale. En effet, le parti est arrivé en quatrième position avec seulement 2,6 % des voix.
Si Roberta Metsola n’a pas encore commenté sa victoire locale, le chef du PN, Bernard Grech, a déclaré : « les gens se rendent compte que le gouvernement ne s’intéresse à eux qu’à l’approche des élections. Ce ne sont pas les relations publiques qui améliorent la vie des gens, mais un véritable amour pour notre pays et ses habitants ».
« Je ne suis pas ici pour parler de chiffres. Je suis ici pour parler de la vie des gens. Le PN donnera au pays une économie forte, une éducation, des soins de santé et une bonne gouvernance. Nous offrons l’espoir d’un pays meilleur. Nous sommes là pour vous », a affirmé M. Grech, en attendant les prochaines élections générales en 2026.
[Édité par Anna Martino]