Mario Draghi appelle les gouvernements à faire plus pour la croissance
Le président de la Banque central européenne s’est prononcé en faveur d’un pacte pour la croissance. Un peu plus tard dans la journée, le candidat socialiste à l’élection présidentielle François Hollande a réagi.
Le président de la Banque central européenne s’est prononcé en faveur d’un pacte pour la croissance. Un peu plus tard dans la journée, le candidat socialiste à l’élection présidentielle François Hollande a réagi.
Le moment n’est pas anodin. Alors que le Royaume-Uni rejoint la liste des pays européens qui entrent en récession en 2012, le Président de la Banque centrale européenne se montre préoccupé par la croissance.
L’action des gouvernements européens dans « le domaine fiscal, financier et structurel » devrait être « complétée » par des « réformes structurelles en faveur de la croissance pour faciliter l’activité entrepreneuriale, la création de nouvelles entreprises et d’emplois », a déclaré Mario Draghi à la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen mercredi 25 avril. « Ici, les gouvernements doivent être plus ambitieux », a-t-il poursuivi.
Pacte pour la croissance
« Nous avons un pacte budgétaire. Ce qu’il nous faut, c’est un pacte pour la croissance », a-t-il précisé plus tard dans la discussion avec les députés.
Cette déclaration a été interprétée par certains observateurs comme un pas vers le candidat socialiste à l’élection présidentielle François Hollande, qui a annoncé vouloir renégocier le traité budgétaire afin d’y rajouter un volet « croissance ».
Lors d’une conférence de presse un peu plus tard dans la journée, le candidat socialiste à la présidentielle a réagi à la déclaration du président de la BCE. « Il ajoute une voix à d’autres », a déclaré François Hollande avant de clarifier que M. Draghi « ne met pas forcément la même chose que moi » dans les mesures de croissance.
>>> Pour savoir davantage sur le programme européen de François Hollande, lire « L’Europe, l’aléa de François Hollande«
En effet, le vice-président de la BCE, Victor Constancio, s’est prononcé sans ambigüité devant les parlementaires pour la poursuite de la consolidation budgétaire au sein des États. « Des finances publiques saines sont nécessaires pour la relance », a-t-il estimé.
Mutualisation de la dette
Il a par ailleurs souligné qu’une mutualisation de la dette n’était pas envisageable à court terme. « Je dirais que pour que cela soit possible, il faudrait plus de confiance entre États membres. Les décisions prises maintenant pour arriver au contrôle de la situation budgétaire vont permettre de créer cette confiance à long terme », a expliqué M. Constancio.
Mario Draghi a quant à lui affirmé que « nous ne pouvons pas partir d’une union de transfert » pour assurer la stabilité de la zone euro. « Il faut montrer que les pays peuvent tenir sur leurs jambes tout seuls », a-t-il ajouté. Il a également insisté sur la responsabilité commune des gouvernements et la nécessité de développer une vision politique pour l’Union européenne. « Il faut aussi expliquer que nous allons de l’avant, que nous ne sommes pas bloqués dans un système statique. Il faut donner cette impression de mouvement. »
LTRO
Interrogés sur les effets des fonds mis à la disposition des banques en décembre 2011 et en février 2012 par la BCE, le vice-président Victor Constancio a tenu à préciser que la liquidité du système bancaire n’avait été augmentée que de 500 milliards d’euros. Lors de deux opérations de refinancement à long terme (Long term refinancing operations, LTRO), environ 800 banques européennes ont pu emprunter plus de 1000 milliards d’euros à un taux très bas pour une durée de trois ans.
Mais dans le même temps, l’institut de Francfort a réduit d’autres facilités de financement, a expliqué Victor Constancio. Il a aussi rappelé que le bilan de toutes les banques européennes s’élèvait à 32 000 milliards d’euros, une somme colossale comparée aux liquidités injectées sur les marchés. Les représentants de la BCE se sont dits convaincus des effets positifs de ce programme sur la stabilité du système bancaire, tout en avouant qu’il était difficile d’identifier l’utilisation finale de l’argent.