Mario Draghi démystifie l’impact du rachat de titres de court terme
Pour le président de la BCE, dont les propos ont été rapportés par des députés européens, l’acquisition de dette remboursable au bout de trois ans ne revient pas à faire marcher la planche à billets.
Pour le président de la BCE, dont les propos ont été rapportés par des députés européens, l’acquisition de dette remboursable au bout de trois ans ne revient pas à faire marcher la planche à billets.
Après plusieurs hésitations, le président de la Banque centrale européenne s’est finalement exprimé à huis clos le 3 septembre, devant les parlementaires européens.
L’institut d’émission, qui endosse le rôle de sauveur de la zone euro, dévoilera sa stratégie jeudi 6 septembre. Mais les premiers signes donnés aux eurodéputés montrent, une fois de plus, que le patron de la banque de Francfort est dans les starting-blocks pour intervenir sur les marchés secondaires, alors que la banque centrale allemande continue de faire barrage.
Pour les élus, qui ont rapporté certains de ses propos, Mario Draghi a balisé le terrain. Les rachats de titres souverains émis pour trois ans « ne constituent pas un financement monétaire des États », a-t-il expliqué. Pour l’Italien, le délai est en effet trop limité pour que l’opération soit assimilée à de la création monétaire. « Un parlementaire allemand lui a fait part de son étonnement », a indiqué l’eurodéputé (UMP) Jean-Paul Gauzès, cité par l’AFP.
L’appui de la BCE, tr ès attendu en Espagne, se fera au prix d’une « stricte conditionnalité », a ajouté Mario Draghi, qui assume pleinement les interventions antérieures de la BCE au profit de la dette irlandaise, italienne, portugaise et espagnole. Elles étaient justifiées afin de stabiliser et protéger les 17 pays de l’eurozone, a-t-il déclaré devant les élus.
Depuis environ 6 mois et malgré les demandes pressantes de l’Espagne qui emprunte à plus de 6% sur 10 ans, la BCE a choisi de mettre les rachats de dette entre parenthèses. L’absence d’amélioration concrète pour les pays qui entreprennent des réformes d’envergure la contraint à revoir sa copie.