Mario Monti, la rigueur sans concessions
Le grand perdant des élections italiennes a lancé une pique à l’endroit des pays qui demandent un étalement dans la durée du rétablissement de leurs comptes publics.
Le grand perdant des élections italiennes a lancé une pique à l’endroit des pays qui demandent un étalement dans la durée du rétablissement de leurs comptes publics.
Devant un parterre de chefs d’entreprise, hommes politiques et fonctionnaires présents au Forum de la Concurrence le 28 février, l’Italien a défendu sans ciller la méthode Monti : « Lorsque j’ai pris mes fonctions, je n’ai pas envisagé de demander un arrangement pour reporter » les objectifs de réduction du déficit public « à 2014 ».
Des objectifs et un calendrier rigides qui compromettent la viabilité des mesures prises tant les effets à court terme sont récessifs. Consciente de cet écueil, la Commission a accordé un peu plus de temps à l’Espagne, au Portugal et fait montre d’une certaine compréhension à l’égard de la France, qui devrait terminer l’année avec un déficit avoisinant 3,7% du PIB.
« Je ne blâme personne, ni au niveau de l’Union européenne ni parmi les Etats membres », veut croire Mario Monti, mais il est évident que la crédibilité de la politique menée dans un pays peut souffrir si d’autres demandent des reports et les obtiennent ». L’ex-commissaire serait-il amer de s’être fait sanctionné par les urnes pour avoir été trop zélé ?
A Bruxelles, les résultats des élections italiennes inquiètent autant qu’elles libèrent la parole de certains responsables : « La UE a gagné la partie contre la deuxième guerre mondiale et elle la gagnera contre la crise, mais pour y parvenir, nous ne pouvons pas uniquement appliquer des mesures d’austérité », a reconnu Antonio Tajani, commissaire européen à l’Industrie, de passage en Catalogne le 28 février, dont les propos sont repris par Europa press.
Les sensibilités divergent cependant au sein de la Commission. « La politique économique que nous mettons en oeuvre dans l’UE est un véritable défi pour les dirigeants politiques », a déclaré le Président de l’institution. « Mais j’espère que nous n’allons pas céder à la tentation du populisme à cause des résultats d’un Etat membre particulier. »