Mario Monti réclame un soutien moral, mais pas d'argent

L'Italie a besoin du soutien moral de l'Allemagne et non de son argent, a déclaré le premier ministre italien, Mario Monti, lors d'une interview publiée dimanche, alors que les conservateurs allemands réclament à nouveau la sortie de la Grèce de la zone euro.

EURACTIV.com / Reuters
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L'Italie a besoin du soutien moral de l'Allemagne et non de son argent, a déclaré le premier ministre italien, Mario Monti, lors d'une interview publiée dimanche, alors que les conservateurs allemands réclament à nouveau la sortie de la Grèce de la zone euro.

 

Le dirigeant italien a expliqué à Der Spiegel qu'il était inquiet à propos du sentiment anti-euro, anti-allemand et anti-Union européenne de plus en plus présent au sein du parlement à Rome.

 

Le gouvernement allemand a rejeté l'idée de l'Italie et d'autres pays en difficulté d'émettre des obligations communes à la zone euro ou de prendre d'autres mesures pour enrayer la crise de la dette souveraine, au motif que cela encouragerait ces pays à ne pas continuer sur la voie des réformes.

 

Dimanche, un éminent membre de l'alliance conservatrice d'Angela Merkel, le ministre bavarois des finances, Markus Söder, a déclaré que la Grèce quitterait la zone euro d'ici la fin de l'année 2012.

 

« Si tout se déroule comme prévu, je resterai à mon poste jusqu'en avril 2013 et j'espère que je pourrai aider l'Italie à éviter la ruine financière avec le soutien moral de ses amis européens, et surtout de l'Allemagne », a expliqué M. Monti à Der Spiegel.

 

« Mais soyons clairs, je parle de soutien moral et non financier », a-t-il ajouté. « J'insiste : pas d'aide financière. Mais ils devraient lâcher du lest à ces pays qui suivent à la lettre les lignes directrices européennes. »

 

M. Monti a souligné que si cinq pays de la zone euro avaient reçu ou requis un renflouement international, l'Italie n'avait pas reçu « un seul euro ».

 

L'Italie n'a bénéficié d'aucun renflouement

 

« J'ai l'impression que la majorité des Allemands pensent que l'Italie a déjà reçu une aide financière de l'Allemagne ou de l'Union européenne, mais ce n'est pas le cas. Pas un seul euro. »

 

Les garanties de prêts allemandes et ses contributions au FESF et au MES atteignent environ 400 milliards d'euros.

 

M. Monti a ajouté que l'Allemagne tirait également profit de sa présence au sein de la zone euro. « C'est le plus grand bénéficiaire du marché commun », a-t-il déclaré, en référence aux exportations allemandes.

 

Les coûts d'emprunt élevés que paye l'Italie aident indirectement l'Allemagne, a-t-il ajouté. « L'Allemagne tire profit des taux d'intérêt peu élevés qu'elle paye pour ses obligations souveraines […] les taux d'intérêt élevés que doit aujourd'hui payer l'Italie alimentent les taux d'intérêt peu élevés que paye l'Allemagne. »

 

M. Söder, un leader de l'Union chrétienne-sociale (CSU), le parti frère en Bavière de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de Mme Merkel, a déclaré lors d'un entretien accordé au journal Bild am Sonntag dimanche que la Grèce devrait quitter la zone euro.

 

Pas besoin d'aide

 

La CSU s'est souvent montrée plus critique envers les renflouements européens que le parti de Mme Merkel et la population allemande reste dubitative à l'idée d'accorder plus de garanties aux pays de la zone euro en difficulté.

 

Dans le même temps, le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco, a profité d'une interview ce week-end pour confirmer que l'Italie n'avait pas besoin d'aide pour l'instant. Lorsque le journaliste lui a demandé si l'Italie devrait demander l'aide du FESF/MES, il a répondu : « Pour l'instant, selon moi, ce n'est pas nécessaire.

 

« A l'avenir, cela dépendra de plusieurs facteurs. Si les marchés sont convaincus que l'Italie a passé un cap important, si l'Italie n'abandonne pas ses mesures de discipline budgétaire et poursuit ses efforts pour relancer la croissance, il n'y aura pas besoin d'une intervention des fonds de sauvetage. Cela dépendra beaucoup de nous », a-t-il expliqué.

 

M. Visco, également membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a expliqué au quotidien italien La Repubblica dimanche (5 août) que la réunion de la BCE la semaine dernière avait été un important pas en avant pour la stabilité de la monnaie unique et que l'Italie ne puiserait pas de liquidités dans le fonds de sauvetage de la zone euro pour le moment.

 

Il a ajouté que si l'économie continuait de ralentir, une politique monétaire plus accommodante serait attendue dans les mois à venir.