Martin Schulz : Merkel-Sarkozy, le couple des contradictions
La modification des traités est inutile et la proposition présentée par la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, examinée lors du sommet de l'UE d'aujourd'hui (8 décembre) montre le désaccord du couple franco-allemand. C'est ce qu'a déclaré Martin Schulz, le leader des Socialistes et Démocrates au Parlement européen, lors d'un entretien accord à EURACTIV.
La modification des traités est inutile et la proposition présentée par la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, examinée lors du sommet de l'UE d'aujourd'hui (8 décembre) montre le désaccord du couple franco-allemand. C'est ce qu'a déclaré Martin Schulz, le leader des Socialistes et Démocrates au Parlement européen, lors d'un entretien accord à EURACTIV.
Demain (9 décembre), le président du Parlement européen Jerzy Buzek rapportera aux dirigeants de l'UE le message des groupes politiques à l'assemblée, qui sont tous défavorables à une modification du traité considérée comme « inutile », a déclaré M. Schulz.
Il existe une contradiction : M. Sarkozy veut plus de flexibilité pour la BCE, et Mme Merkel refuse. La chancelière souhaite plus de discipline budgétaire, contrairement au président français. Le fameux couple franco-allemand est en fait en désaccord permanent, a-t-il déclaré.
« Il y a tout juste sept semaines, lorsque nous avons approuvé le paquet de six [sur la gouvernance économique], le Conseil européen a déclaré que c'était une avancée historique. À présent, sept semaines plus tard, ils nous disent que les marchés n'ont pas accepté cette avancée, et que nous devons modifier les traités », a déclaré le futur président du Parlement européen.
Selon M. Schulz, des mesures de discipline budgétaire pour résoudre la crise de la dette souveraine et rétablir la confiance dans l'euro sont déjà disponibles. Plutôt que de parler de modification du traité, les dirigeants européens devraient se mettre d'accord sur le rôle de la Banque centrale européenne.
M. Schulz souhaite que la BCE assume un rôle de prêteur en dernier ressort. Depuis son arrivée à la tête de la BCE, Mario Draghi s'est montré enclin à envisager une intervention plus importante de la Banque centrale à condition que des propositions pour une union budgétaire et des contrôles budgétaires plus stricts des gouvernements nationaux soit étudiées,
Une modification des traités semble logique, a-t-il expliqué, à moins que les Etats membres ne se mettent d'accord sur un mécanisme de stabilité, sous la forme d'un Fonds monétaire européen, ce qui permettrait de prêter de l'argent aux économies en difficultés.
« Si le Conseil européen prenait cette décision, il serait alors logique de modifier le traité pour augmenter la discipline budgétaire, en particulier pour les pays qui reçoivent aujourd'hui de l'argent, sur une base de 2 % au lieu de 7 %, et de s'assurer que les fonds soient bien utilisés pour réduire la dette souveraine, et non pour la consommation », a-t-il souligné en déplorant le manque d'équilibre des projets examinés actuellement.
M. Schulz a montré du doigt la dirigeante de son pays, qui se révèle très puissante. « Je me demande si une personne se révèle très forte parce qu'elle l'est vraiment ou simplement parce que les autres ne le sont pas assez. »
Je ferai entendre ma voix
M. Schulz a admis que l'Allemagne dominait la scène européenne en ce moment, mais il pense que cette situation devrait être corrigée par les dirigeants européens responsables.
« La méthode communautaire sur laquelle l'Europe est fondée n'est pas une invention destinée à torturer les populations où à limiter l'importance des pays. Elle a été créée car dans le cadre des institutions communautaires, les pays , qu'ils soient grands, moyens ou petits, peuvent équilibrer leurs intérêts, aussi hétérogènes soient-ils », a-t-il affirmé.
La Chancelière Merkel et le président Sarkozy donnent des ordres, mais cela ne devrait pas durer, a insisté le futur président du Parlement européen. « Le couple franco-allemand agit sans passer par les institutions et leur envoie des lettres, non pas pour leur demander leur avis, mais plus ou moins pour leur donner des instructions quant à la marche à suivre. C'est possible pour le moment, dans la mesure où les autres pays sont très faibles, mais sur le long terme, cette attitude est totalement contreproductive », a-t-il argué en promettant que le Parlement s'impliquerait davantage à l'avenir.
« Je pense que je ferai entendre ma voix aux 27 dirigeants européens, puissants ou moins puissants, en leur disant : « Nous sommes la voix de la démocratie européenne » », a-t-il déclaré. Il a ajouté que les prises de décisions à huis clos devraient cesser.
Martin Schulz s'est confié à la directrice de la rédaction chez EURACTIV, Daniela Vincenti.
Pour lire cet entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.
EURACTIV.com — Article traduit de l'anglais