Maud Fontenoy, l'écolo qui plaidait pour le gaz de schiste

Présidente d'une fondation pour la préservation des océans, Maud Fontenoy estime qu' « écologie rime avec économie ». Elle soutient que le gaz de schiste pourrait diminuer les émissions de gaz à effet de serre et  créer des emplois.

EURACTIV.fr
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Présidente d'une fondation pour la préservation des océans, Maud Fontenoy estime qu' « écologie rime avec économie ». Elle soutient que le gaz de schiste pourrait diminuer les émissions de gaz à effet de serre et  créer des emplois.

La navigatrice Maud Fontenoy est connue pour son engagement aux problèmes écologiques. Depuis 2009, elle est porte-parole de l’UNESCO pour les océans. En 2008 elle avait créé sa fondation pour la préservation des océans et pour l’éducation à l’environnement marin.

Mais à quelques mois des élections européennes, la navigatrice est courtisée par plusieurs partis politiques. Proche de Nicolas Sarkozy, elle aurait été approchée par l'UMP ainsi que par les centristes réunis au sein de l'Alternative. Sa popularité et son engagement profond pour l'environnement expliquent l'intérêt des partis pour la sportive, qui vient de prendre une position surprenante.

Dans une interview au  Parisien, elle défend une thèse que partage Arnaud Montebourg : celle d'une  technique propre d'exploitation des gaz de schiste, qui devrait être autorisée en France.

« L’exploitation des gaz de schiste outre-Atlantique est devenue un atout écologique car les États-Unis, en réduisant considérablement leur consommation de charbon, ont diminué leurs émissions de gaz à effet de serre de 450 millions de tonnes ces cinq dernières années », a-t-elle déclaré.

Une nouvelle méthode, celle de la fracturation au propane, serait plus saine parce que le gaz peut être récupéré et réutilisé. Cette exploitation permettrait « d'investir dans la recherche sur les énergies renouvelables, qui est essentielle », ajoute-t-elle.

De plus, ce serait une manière de créer « des centaines de milliers d’emplois », selon la navigatrice. Des études préliminaires évoquent la création  d'au moins 100.000 emplois en France selon le cabinet Sia Conseil. Une étude, réalisée pour l'International Association of Oil & Gas Producers fin 2013, évoquait elle 400.000 à 800.000 emplois en Europe d'ici 2035.

Mais selon le baromètre annuel Qualit'EnR-Ifop, moins d'un quart (24%) des Français sont favorables au développement du gaz de schiste comme source d'énergie en France.

Au Royaume-Uni, le premier ministre, David Cameron, défend aussi l’idée que la fracturation hydraulique créera des milliers d’emplois, peut-on lire sur le site legazdeschiste.fr, proche des producteurs de gaz.

En Pologne, des permis d'exploitation ont déjà été distribués. En Hongrie et en Lituanie des forages exploratoires sont en cours. Mais la Bulgarie, certaines régions en Allemagne, en Espagne et en Suisse l’ont interdit. Les Pays-Bas ont de leur côté imposé un moratoire. Beaucoup d’autres pays européens continuer à hésiter.

Désaveu des populations

Le rejet de l'exploitation du gaz de schiste s'explique par son impact potentiel sur l’environnement, lié au mode d’extraction, la fracturation hydraulique. L’immense quantité d’eau nécessaire et les risques de pollution des nappes phréatiques et des rivières, ainsi que l’impact sur les paysages et le manque de transparence sur les additifs chimiques utilisés, représentent d'autres problèmes supplémentaires.

« L’Union européenne est censée garantir la protection de l’environnement et de la santé de citoyens » dit  Michèle Rivasi, eurodéputée EELV. « L’absence de proposition législative, compensée par un ensemble de recommandations non contraignantes, est donc un désaveu pour l’ensemble des citoyens européens qui comptaient sur nos institutions pour garantir leur sécurité. »

« Le nombre croissant de preuves des risques sanitaires et environnementaux de l’extraction des gaz de schiste ne peut pas être ignoré. », estime de son côté Sandrine Bélier, eurodéputée EELV.

« L’Europe doit développer de véritables solutions comme les énergies renouvelables et les économies d’énergie plutôt que d’entretenir le mythe du gaz de schiste. », estime-t-elle dans un communiqué de presse du 22 janvier 2014.

Malgré les réticences, Maud Fontenoy insiste sur le réexamen de la question, qui pourrait prendre en compte l’évolution des techniques alternatives à la fracturation hydraulique. Si la navigatrice termine sur une liste électorale, nul doute que le sujet du gaz de schiste s'invitera dans la campagne pour les européennes.