Maximilian Krah, tête de liste de l’extrême droite allemande, contraint de suspendre sa campagne électorale
L’AfD, parti d’extrême droite allemand, a interdit à Maximilian Krah, sa tête de liste pour les élections européennes, de participer aux prochains événements de la campagne, à la suite d’une série de scandales qui ont ébranlé le parti au cours des derniers mois.
L’AfD, parti d’extrême droite allemand, a interdit à Maximilian Krah, sa tête de liste pour les élections européennes, de participer aux prochains événements de la campagne, alors que la pression augmente pour suspendre sa participation à la prochaine délégation européenne de l’AfD, à la suite d’une série de scandales qui ont ébranlé le parti au cours des derniers mois.
Deux semaines avant les élections européennes, le plus grand partenaire de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) au sein de son groupe politique au Parlement européen, Identité et Démocratie (ID), le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, a annoncé qu’ils « ne siégeraient plus ensemble » après les élections européennes de juin, dans le but de redorer leur image.
Lors d’une réunion téléphonique extraordinaire qui s’est tenue mercredi matin (22 mai), la direction de l’AfD a discuté des premières mesures visant à remédier aux retombées au niveau européen et a décidé qu’il serait interdit à M. Krah de participer à d’autres événements de la campagne.
Dans un communiqué de presse, la direction de l’AfD annonce que « dans l’ensemble, on constate un préjudice considérable causé au parti dans le cadre de la campagne électorale en cours, pour lequel le candidat tête de liste a fourni le prétexte ».
M. Krah lui-même a confirmé peu après la réunion : « Je m’abstiendrai de participer à d’autres événements de la campagne électorale avec effet immédiat et je démissionne de mon poste de membre du comité exécutif fédéral [du parti] ».
Alors que la liste de l’AfD ne peut plus être modifiée, l’annonce de l’arrêt de la campagne de M. Krah pour les élections européennes peut être considérée comme un retrait de sa position de tête de liste.
M. Krah a reconnu que « des déclarations factuelles et différenciées que j’ai faites sont utilisées à mauvais escient comme prétexte pour nuire à notre parti ».
« La dernière chose dont nous avons besoin actuellement, c’est un débat à mon sujet. »
Peu après, le deuxième sur la liste électorale de l’AfD, Petr Bystron, a annoncé qu’il se retirait également de la campagne, a rapporté le média tchèque Deník N.
M. Bystron, qui est accusé d’avoir reçu des pots-de-vin par l’intermédiaire du présumé réseau de propagande russe Voice of Europe, tout comme M. Krah, a expliqué qu’il prendrait une pause dans sa campagne pour des raisons familiales.
Avec cette mesure, le parti d’extrême droite allemand tente d’apaiser ses homologues français, qui ont mis fin à toute coopération future au sein du Parlement européen après que M. Krah a minimisé la responsabilité de chaque membre de la Schutzstaffel (SS) nazie durant le Troisième Reich.
Lors d’un autre incident, la police belge a perquisitionné les bureaux de M. Krah au Parlement européen à Bruxelles le 7 mai afin de rechercher des preuves inculpant son ancien assistant, soupçonné d’avoir travaillé pour Pékin. M. Krah lui-même n’a pas été impliqué dans l’enquête.
La pression monte pour suspendre l’adhésion de M. Krah au parti et l’exclure de la délégation de l’AfD au Parlement européen.
En guise de première réaction, la tête de liste du groupe d’extrême droite ID, Anders Vistisen, du Parti populaire danois (DF), a exhorté l’AfD à expulser M. Krah du parti, faute de quoi l’AfD elle-même n’aurait pas sa place au sein du groupe ID.
M. Krah « a montré par ses déclarations et ses actions qu’il n’avait pas sa place dans le groupe ID », a martélé M. Vistisen sur X. « Si l’AfD ne se débarrasse pas […] de M. Krah, la position du DF est que l’AfD doit quitter le groupe ID».
Mais la pression monte également au sein de l’AfD même, plusieurs membres de haut rang ayant demandé la suspension de M. Krah.
Mardi soir, le conseil régional de l’AfD du Länder de Hesse a exhorté sa direction fédérale à suspendre les droits d’adhésion de M. Krah et à l’exclure de la délégation de l’AfD au Parlement européen, ainsi qu’à demander son exclusion du groupe parlementaire ID, dans un courriel interne consulté par Euractiv.
Les tensions entre le RN de Mme Le Pen et l’AfD se sont aggravées mardi lorsque M. Krah a déclaré dans une interview au quotidien italien La Repubblica qu’il ne dirait jamais « que quiconque portait un uniforme [de la Schutzstaffel] était automatiquement un criminel ».
En conséquence, le Rassemblement national — qui est en tête des sondages en France, loin devant le parti du président Emmanuel Macron — a annoncé qu’il mettrait fin à sa coopération avec l’AfD au Parlement européen.
Pour Mme Le Pen, toute association avec l’AfD et ses tendances extrémistes grandissantes devient de plus en plus dangereuse pour ses ambitions de devenir la prochaine présidente française.
[Édité par Anna Martino]