May invite Tajani à Londres pour discuter du Brexit

Le nouveau président du Parlement européen, Antonio Tajani, se rendra à Londres  avant l'été à l’invitation de Theresa May pour discuter du Brexit.

EURACTIV.com
Le président du Parlement européen, Antonio Tajani se rendra à Londres avant l’été pour discuter du Brexit avec la Première ministre Theresa May. [<a href="http://audiovisual.europarl.europa.eu/AssetDetail.aspx?id=eb8b9589-0aa5-49c0-bb63-a6d400a5085e" target="_blank" rel="noopener">[European Parliament]</a>]

Le nouveau président du Parlement européen, Antonio Tajani, se rendra à Londres  avant l’été à l’invitation de Theresa May pour discuter du Brexit.

Le  nouveau président du Parlement européen, Antonio Tajani, a annoncé que la Première ministre britannique l’avait invité à se rendre à Londres pour aborder « les sujets liés au Brexit », lors du Conseil européen du 9 mars à Bruxelles.

Antonio Tajani a révélé que Theresa May l’avait déjà invité il y a quelques semaines, mais que la visite avait été annulée pour se rendre dans son pays natal, l’Italie, frappée par des tremblements de terre. Cette fois, l’Italien espère répondre à l’invitation « probablement avant l’été. »

Theresa May devrait officiellement notifier l’UE de la décision de Londres de la quitter d’ici la fin du mois, après approbation du parlement national.

Actuellement, la Chambre des communes et la Chambre des Lords se renvoient la balle du projet de loi, le désaccord portant essentiellement sur les droits à octroyer aux citoyens européens vivant déjà au Royaume-Uni. Reste également à savoir si les députés doivent avoir leur mot à dire sur un accord sur le Brexit.

Theresa May déclenchera alors probablement l’article 50, déclenchant ainsi deux ans de négociations de sortie, probablement lors du sommet européen de Rome ou du moins, comme promis, fin mars.

Lors de la conférence de presse du sommet européen hier après-midi, Antonio Tajani a déclaré qu’il ne reconnaissait pas les termes Brexit « dur » ou Brexit « souple », mais voulait que le Royaume-Uni demeure un interlocuteur de premier plan pour les 27 États membres restants.

« Le Brexit est le Brexit, il n’y a pas de dur ou de souple, et nous [au Parlement européen] défendrons les intérêts européens », a-t-il déclaré.

En tant que membre du Parti populaire européen (PPE), Antonio Tajani serait naturellement un allié du parti conservateur britannique et de la Première ministre Theresa May, contrairement à son prédécesseur, le social-démocrate allemand Martin Schulz.

Néanmoins, avant les négociations pour un référendum britannique, l’ancien Premier ministre David Cameron a retiré les eurodéputés conservateurs britanniques du groupe PPE, dans une tentative échouée d’apaiser l’aile la plus eurosceptique de son propre parti.

Il a rappelé qu’« être un membre de l’UE n’est pas la même chose que d’être en dehors, mais le Royaume-Uni étant un interlocuteur il est donc important de travailler le post-Brexit avec Londres. » « Le Royaume-Uni ne sera plus un État membre, mais sera toujours un État européen », a-t-il assuré.

Antonio Tajani oppose sa manière de diriger le Parlement à celle de son prédécesseur, Martin Schulz, désormais candidat à la chancellerie en Allemagne. « Je suis Italien, j’ai un tempérament plus méditerranéen, mais je veux défendre le rôle du Parlement européen », a-t-il déclaré.

« Le Parlement européen ne sera jamais le problème, nous serons toujours une partie de la solution », a-t-il ajouté. « Le Parlement européen devrait être un participant et un protagoniste ».

En réalité, même si le Parlement doit approuver l’accord sur le Brexit, et possède son propre négociateur, le Belge Guy Verhofstadt, les négociations principales seront menées par Michel Barnier, du négociateur désigné par la Commission.

Le Brexit sera le Brexit

Interrogé sur la possibilité d’un veto du Parlement à un accord conclu par l’ancien commissaire français et l’UE, Antonio Tajani a répondu « nous voulons soutenir le travail de Michel Barnier – nous avons aussi des fonctionnaires dans son équipe. »

« Nous aurons un débat sur le Brexit après le déclenchement de l’article 50 – Guy Verhofstadt est en train de le préparer. Nous voulons être protagonistes du débat… mais le Brexit sera le Brexit, pas dur, pas froid, pas long… j’ai dit la même chose durant mon face à face avec Theresa May avant le Conseil. »