Giorgia Meloni n'exclut pas d'apposer son veto sur le Pacte de stabilité

La Première ministre italienne est prête à tout pour convaincre les dirigeants européens réunis à Bruxelles de l'intérêt de réformer le Pacte de stabilité. En fonction des résultats, Rome agira et n'exclut aucune démarche, pas même celle d'apposer son veto.

EURACTIV Italie
Italiam PM Meloni reports to Upper House ahead of European Council in Brussels
« L'Italie continue d'exiger une réforme du Pacte de stabilité et de croissance qui tienne compte d'une stratégie que l'UE s'est donnée. Il ne serait pas logique que l'UE, lorsqu'elle doit définir la gouvernance, ne tienne pas compte de ce qu'elle a incité les États à faire dans certains domaines », a déclaré Mme Meloni. [EPA-EFE/CLAUDIO PERI]

La Première ministre italienne est prête à tout pour convaincre les dirigeants européens réunis à Bruxelles de l’intérêt de réformer le Pacte de stabilité. En fonction des résultats, Rome agira et n’exclut aucune démarche, pas même celle d’apposer son veto.

Une nouvelle réunion du Conseil européen réunit les chefs d’États et de gouvernements aujourd’hui à Bruxelles. La Première ministre italienne Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia, ECR) a demandé davantage de ressources pour gérer les flux migratoires et stimuler la compétitivité.

Parmi les sujets les plus importants sur la table : l’élargissement des frontières européennes, l’adhésion de l’Ukraine et le Pacte de stabilité. Sur ce dernier point, Rome semble prête à y apposer son veto afin d’éviter qu’un compromis jugé trop punitif pour les pays très endettés, comme l’Italie, ne prenne forme.

« L’Italie continue d’exiger une réforme du Pacte de stabilité et de croissance qui tienne compte d’une stratégie que l’UE s’est donnée. Il ne serait pas logique que l’UE, lorsqu’elle doit définir la gouvernance, ne tienne pas compte de ce qu’elle a incité les États à faire dans certains domaines », a déclaré Mme Meloni.

« Reconnaître la valeur de ces investissements ne sert pas seulement l’Italie, mais l’ensemble de l’Europe, sinon nous continuerons à faire des choses à court terme » , a-t-elle ajouté. La position italienne sera « décidée à la fin, sur la base d’une évaluation de ce qui est bon pour le pays ».

À tel point que Mme Meloni « n’exclut aucune option », pas même celui d’un veto. « Si un consensus n’est pas trouvé, nous reviendrons aux paramètres précédents », a-t-elle déclaré.

La nuit précédant le sommet de l’UE, dans un hôtel historique de Bruxelles, Mme Meloni s’est entretenue pendant plus de deux heures avec le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz, qui les a rejoints plus tard. Le seul commentaire à ce sujet est venu de M. Macron, qui a déclaré qu’il s’agissait d’une « très bonne discussion ».

« Une méthode qui confirme ce que la présidente Meloni elle-même a souligné à l’occasion des communications au Parlement, lorsqu’elle a déclaré que faire de la politique étrangère signifie parler à tout le monde », expliquent des sources du Palazzo Chigi.

Sur le dossier de la révision du budget 2021-2027, Rome et Paris sont à l’opposé de l’Allemagne et des pays frugaux, exigeant que l’UE mette plus de ressources à disposition pour l’immigration et l’innovation industrielle, ainsi que pour le soutien à l’Ukraine.

Mme Meloni a également rencontré, avant le début du sommet, le premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui est hostile à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne en ces temps difficiles.

Le ministre des affaires étrangères Antonio Tajani (Forza Italia, PPE), présent à Bruxelles pour le sommet du PPE, a déclaré qu’il était favorable à l’ouverture des négociations à temps pour l’adhésion de l’Ukraine ainsi que de la Bosnie-Herzégovine, appelant à une accélération du calendrier pour l’adhésion des pays des Balkans qui sont déjà candidats à l’adhésion à l’UE.

« J’espère que la Hongrie comprendra qu’il est important de trouver l’unité au sein de l’UE et qu’elle permettra à l’Ukraine d’entamer des négociations au cours desquelles elle devra prouver qu’elle a fait et qu’elle fait des progrès », a ajouté M. Tajani.