Menace de propagation du Chikungunya [FR]
Suite à la présence de moustiques infectés par le virus du Chikungunya dans la région française du Var, une équipe d'experts de la santé publique a appelé les pays européens à prendre des mesures préventives pour éviter la propagation du virus au-delà de son foyer d'origine en Italie.
Suite à la présence de moustiques infectés par le virus du Chikungunya dans la région française du Var, une équipe d’experts de la santé publique a appelé les pays européens à prendre des mesures préventives pour éviter la propagation du virus au-delà de son foyer d’origine en Italie.
Lors d’une réunion organisée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), des experts ont insisté pour que les pays européens se préparent à la possibilité d’une épidémie en prenant des mesures visant à contrôler la population de « moustiques tigres », une espèce présente en Italie, en France, en Espagne, aux Pays-Bas, en Grèce et sur l’Île portugaise de Madère.
Deinis Coulombier de l’ECDC a souligné qu’il était extrêmement important d’évaluer la possibilité qu’un événement similaire se produise ailleurs dans l’Union européenne et de voir si le virus, qui a maintenant été transmis au niveau local par les moustiques, pouvait en fait se propager dans d’autres régions d’Europe.
En se référant à l’expérience du département d’Outre-mer de La Réunion en 2005, le Dr. Jean-Claude Desenvlos, de l’Institut français de santé publique, a averti que la transmission du Chikungunya peut être très active, prolongée et responsable d’un grand nombre de cas, comme les 2 660 personnes contaminées entre avril 2005 et juin 2006 à La Réunion, ce qui représente environ 35% de la population.
Il a néanmoins ajouté que la mise en place d’un système réactif et efficace, comprenant à la fois un système de diagnostic et des activités de prévention, peut réussir à limiter la transmission du virus. Selon lui, des mesures identiques ont été prises en Italie et la situation n’est donc pas alarmante.
Pour Stefania Salmaso, de l’Institut italien de santé publique, à l’origine, la réaction au niveau local au foyer de Chikungunya en Italie a été réellement dynamique, solide et appropriée. La priorité des autorités locales et régionales est dorénavant de maîtriser le virus pour limiter les risques de propagation.
Cette semaine, le gouvernement italien a invité les experts de l’ECDC et de l’OMS en Italie afin qu’ils examinent les effets du foyer de Chikungunya pour d’autres pays européens et procèdent à une évaluation des risques au niveau international.
Comme l’ont déclaré les autorités françaises lors d’un entretien à la radio RTL, dans la région française du Var, où la présence de moustiques potentiellement infectés suite au foyer italien a été détectée, la situation ne présente pas non plus de risque majeur, les conditions requises pour un épidémie, c’est-à-dire une population de moustiques importante et des températures élevées, n’étant pas réunies.
L’Italie a confirmé le foyer de Chikungunya aux autres Etats membres le 4 septembre. Au 13 septembre, 254 cas suspects de Chikungunya avaient été notifiés et 78 cas étaient confirmés dans le nord-est du pays.