L'UE songe à une refonte du système de recrutement des fonctionnaires européens

Cette proposition imposerait aux nouveaux embauchés de signer des contrats à durée déterminée de deux ou trois ans avant d'obtenir un poste permanent.

EURACTIV.com
Piotr Serafin, commissaire chargé du budget, de la lutte anti-fraude et de l'administration publique [Photo : Thierry Monasse/Getty Images]

Les futurs fonctionnaires de la Commission européenne ne pourraient être recrutés à titre permanent qu’après avoir occupé des postes sous contrat temporaire, selon un document interne consulté par Euractiv.

Cette proposition d’une portée considérable remplacerait le recrutement direct à des postes permanents par un système dans lequel les nouvelles recrues travailleraient d’abord sous contrat temporaire de deux ou trois ans.

Ce document, présenté lundi au personnel de la Commission lors d’une réunion à l’échelle de l’institution, suggère de faire du « contrat d’agent temporaire en vue d’une titularisation la principale voie d’accès » à l’emploi.

Les agents temporaires seraient ensuite soumis à des évaluations annuelles structurées de leurs performances avant qu’une évaluation finale ne détermine leur avenir au sein de la Commission et ne leur permette éventuellement d’être nommés fonctionnaires permanents.

Le document qualifie le changement proposé de « changement structurel », car il s’appliquerait à la fois au personnel recruté pour des fonctions politiques générales, appelés « généralistes », et aux experts engagés dans des domaines spécifiques, appelés « spécialistes ». Selon les chiffres officiels, environ 32 000 personnes travaillent à la Commission.

Cette refonte proposée intervient également alors que plus de 170 000 candidats à une carrière d’eurocrate se sont inscrits pour passer, plus tard cette année, le premier concours de généralistes organisé depuis 2019.

« Nous devons nous réformer si nous voulons que notre institution reste pertinente », a déclaré lundi Piotr Serafin, commissaire au budget, devant des eurocrates, selon un responsable présent à l’événement.

Si Serafin est surtout connu à Bruxelles pour superviser les négociations sur le prochain budget de l’UE, il a également été chargé par Ursula von der Leyen de proposer des réformes de l’administration européenne.

Des fonctionnaires ont déjà évoqué des changements potentiels visant à mettre fin aux postes « à vie » dans la fonction publique européenne. Cette étude, qui compte près de 400 pages, a pour objectif de recueillir des avis avant qu’un rapport final ne soit remis à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, dans le courant de l’année.

(mm)