Merkel fait face aux critiques des députés allemands

Les élus nationaux se plaignent de ne pas avoir été consultés sur le pacte de compétitivité européen, proposé par Paris et Berlin lors du sommet de Bruxelles du 4 février. Un reportage de la rédaction allemande d’EURACTIV.

EURACTIV.fr

Les élus nationaux se plaignent de ne pas avoir été consultés sur le pacte de compétitivité européen, proposé par Paris et Berlin lors du sommet de Bruxelles du 4 février. Un reportage de la rédaction allemande d’EURACTIV.

Le plan franco-allemand pour renforcer la compétitivité européenne, présenté le 4 février aux dirigeants européens, ne rencontre pas que l’opposition d’États membres. En Allemagne, Angela Merkel fait face à une fronde de l’opposition, qui l’accuse de ne pas avoir consulté les députés.

Au cours d’une réunion de la commission des Affaires européennes du Bundestag, qui s’est tenue à huis-clos le 9 février, les députés sociaux-démocrates et verts ont dénoncé la proposition de réforme de l’eurozone. 

Ils affirment que durant une conversation téléphonique passée le matin du sommet, l’entourage d’Angela Merkel a fait savoir que les dirigeants européens n’allaient pas discuter d’un accord sur la compétitivité des pays qui partagent la monnaie unique.

En 2009, la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe avait rappelé que le Bundestag devait être impliqué dans la définition et la mise en œuvre des affaires européennes, ont rappelé les détracteurs d’Angela Merkel.

Condamnation

Les députés critiques jugent que leur gouvernement a tenté d’éviter le contrôle parlementaire sur ce sujet. Il étudient actuellement les voies légales pour faire condamner le gouvernement allemand pour son attitude vis-à-vis des élus nationaux.

Même le parti libéral démocrate allemand, le FDP, qui fait pourtant partie de la coalition de la chancelière, joint au mouvement de protestation, en dénonçant les méthodes du gouvernement.

Le projet franco-allemand est destiné à calmer la défiance des marchés à l’encontre des 17 États de la zone euro, en renforçant la convergence des économies de la zone euro. Il promeut l’application de six mesures, dont l’abolition de l’indexation des salaires sur l’inflation et la prévision d’un taux minimum d’impôt sur les sociétés. Cette proposition s’est heurtée à une importante réticence de la part des partenaires européens de Paris et Berlin.

CALENDRIER

  • Entre le 14 et le 18 février : Visite des députés conservateurs allemands à Paris pour discuter des détails du pacte
  • 14 février : Réunion des ministres de l’Économie des pays de la zone euro (Eurogroupe)
  • 15 février : Réunion des ministres européens de l’Économie et des finances
  • 11 mars : Réunion des chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro