Merkel martèle son "Nein" à la mutualisation des dettes
A deux jours de sa rencontre avec ses homologues à Bruxelles, la chancelière a réaffirmé son opposition à toute forme de responsabilité commune sur la dette.
A deux jours de sa rencontre avec ses homologues à Bruxelles, la chancelière a réaffirmé son opposition à toute forme de responsabilité commune sur la dette.
Les présidents de la Commission européenne, du Conseil européen et de la Banque centrale européenne présenteront des mesures pour renforcer l’union économique et monétaire lors de la prochaine réunion des chefs d’État et de gouvernement les 28 et 29 juin à Bruxelles.
Selon des sources diplomatiques, les hauts responsables européens proposeront notamment la création d’une union bancaire. Cette dernière impliquerait outre une centralisation de la supervision bancaire, l’instauration d’un fonds de résolution des banques commun, la possibilité pour le fonds de sauvetage européen de prêter directement de l’argent aux banques en difficulté, et le transfert d’une partie de la dette dans un fonds d’amortissement.
« Nein »
Ces mesures, qui correspondent aux demandes des pays du Sud de l’Europe et de la France, ne plaisent pourtant guère à la chancelière allemande Angela Merkel. Lors d’une conférence à Berlin, lundi 25 juin, elle a réaffirmé son opposition à toute forme de mutualisation de la responsabilité à court terme.
« Quand je pense au sommet de jeudi, je m’inquiète qu’on y parlera encore trop de toutes les idées pour une responsabilité partagée, et pas du tout assez de meilleurs contrôles et de changement structurel », a déclaré Mme Merkel.
Une mutualisation de la dette à travers les euro-obligations ou un fonds d’amortissement de la dette, concept pourtant développé par des économistes allemands, serait incompatible avec la loi fondamentale allemande, a affirmé la chancelière.
Pour elle, ces solutions seraient, de toute façon, « économiquement erronées et contre-productives ».
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Conviction économique
Son porte-parole a expliqué, le même jour, l’opposition de l’Allemagne. « Si le gouvernement allemand y est opposé, c’est sur la base de la législation européenne et de la constitution allemande, mais aussi parce que c’est notre conviction économique et politique la plus profonde que la responsabilité et le contrôle doivent toujours aller de pair », a déclaré Steffen Seibert à Berlin.
La gauche allemande avait initialement demandé une mutualisation partielle de la dette en échange de leur soutien apporté au pacte budgétaire, qui sera voté le 29 juin dans les deux chambres du parlement. Mais l’idée ne figure plus dans le paquet de mesures sur lesquelles se sont entendus l’opposition et le gouvernement la semaine dernière.
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Grèce
Aucune décision sur le programme d’aide à la Grèce ne sera prise, lors du prochain Conseil européen, a par ailleurs fait savoir le gouvernement allemand. « Ne vous attendez pas à des décisions sur la Grèce », a déclaré Steffen Seibert lundi 25 juin.
Un porte-parole du ministère de l’économie a expliqué que la prochaine décision devrait impérativement être prise sur la base d’un rapport de la troïka. Les représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international entameront leur prochaine visite officielle à Athènes la semaine prochaine.
78% des Allemands veulent que la Grèce sorte de la zone euro, indique un sondage IFOP publié dimanche 24 juin. En France, ce taux s’élève à 65%.
