Migrants en Méditerranée : pour le gouvernement italien, personne n’entrera « illégalement »

La position ferme du gouvernement de Giorgia Meloni sur la question de l’immigration se confirme, alors que l’Italie souhaite que l’UE coopère sur le « défi de notre époque » qu’est l’immigration, a déclaré le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi devant le Sénat italien mercredi (16 novembre).

EURACTIV Italie
Italian Interior Minister Matteo Piantedosi in Porta a porta
Selon Matteo Piantedosi, l’objectif du gouvernement est de mettre fin à l’immigration clandestine et d’inciter l’UE à élaborer « une grande politique migratoire » afin de relever le « défi de notre époque » qu’est l’immigration. [EPA-EFE/GIUSEPPE LAMI]

La position ferme du gouvernement de Giorgia Meloni sur la question de l’immigration se confirme, alors que l’Italie souhaite que l’UE coopère sur le « défi de notre époque » qu’est l’immigration, a déclaré le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi devant le Sénat italien mercredi (16 novembre).

Selon M. Piantedosi, l’objectif du gouvernement est de mettre fin à l’immigration clandestine et d’inciter l’UE à élaborer « une grande politique migratoire » afin de relever le « défi de notre époque » qu’est l’immigration.

Le ministre rappelle que le gouvernement n’a « aucune intention de manquer à son devoir d’accueil et de solidarité envers les personnes qui fuient la guerre et les persécutions », mais qu’il n’a pas non plus l’intention de faire marche arrière, réaffirmant le principe selon lequel « personne n’entre illégalement en Italie ».

En vertu du droit international, si une personne demande l’asile en entrant sur un territoire, la façon dont elle est entrée devient presque sans importance, ce qui signifie qu’elle ne peut pas être considérée comme ayant commis une infraction.

Selon les données publiées par le ministère, 9 956 migrants sont arrivés en Italie en 2021 et 11 090 autres en 2022. « Au 10 novembre, 69 078 demandes de protection internationale ont été déposées en Italie, soit 56 % de plus que l’année dernière », a déclaré le ministre.

« En comparant les données relatives aux arrivées, celles relatives à la présentation des demandes d’asile et à leur taux d’acceptation limité, on peut déduire que la plupart des personnes qui arrivent en Italie sont animées par des motifs économiques et n’ont donc pas le droit de rester dans le pays », a-t-il poursuivi.

En ce qui concerne les navires des ONG transportant des migrants vers les côtes italiennes, M. Piantedosi a expliqué que les « lieux sûrs » doivent être identifiés par l’État responsable de la zone SAR (recherche et sauvetage) dans laquelle les événements ont eu lieu. Ce travail doit être effectué en coopération avec l’État du pavillon des navires et les États côtiers voisins.

Dans le cas de l’Ocean Viking, M. Piantedosi indique que Malte et la Libye sont les États compétents.

« La demande de “lieux sûrs” sur le territoire italien aurait dû être envoyée aux autorités italiennes par l’État du pavillon des navires des ONG, et non par [les autorités italiennes elles-mêmes] », a indiqué le ministre.

À l’issue d’une réunion avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber a déclaré que « l’Italie ne peut pas être laissée seule » avant d’ajouter qu’il faut « faire preuve de solidarité au niveau européen ».

En marge du G20 à Bali, Mme Meloni a indiqué à la presse qu’elle avait « raisonné » avec le président du Conseil européen Charles Michel pour « organiser des réunions afin de mettre des solutions sur la table » en matière de migration, « une question sur laquelle il vaut mieux collaborer que se disputer ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]