Le ministre italien de la Défense s'interroge sur la pertinence de l'OTAN
Guido Crosetto a expliqué que l'OTAN devait s'adapter à une nouvelle réalité et que l'Alliance, dans sa forme actuelle, n'avait « plus de raison d'être ».
Le ministre italien de la Défense a déclaré vendredi que l’OTAN avait perdu sa pertinence dans un monde qui n’est plus dominé par l’Europe et les États-Unis.
« Depuis deux ans, j’explique à l’OTAN que cette organisation n’a plus de raison d’être », a déclaré Guido Crosetto, lors d’un discours à l’université de Padoue, selon l’agence de presse ANSA.
Les commentaires de Guido Crosetto interviennent quelques jours avant que les dirigeants de l’OTAN ne se réunissent à La Haye, où ils devraient s’engager à augmenter considérablement leurs dépenses de défense, en grande partie justifiées par la menace que représente l’agression russe.
De nombreux dirigeants européens ont fait valoir que l’Alliance avait retrouvé sa raison d’être et qu’elle avait une mission claire depuis l’invasion généralisée de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Quelques années auparavant, le président français Emmanuel Macron avait suscité la controverse en déclarant que l’OTAN était « en état de mort cérébrale », les membres de l’Alliance poursuivant des intérêts divergents au Proche-Orient.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni fait partie des dirigeants de l’OTAN qui devraient cette semaine soutenir des engagements de dépenses militaires plus élevés afin de renforcer l’Alliance. Mais Guido Crosetto a affirmé vendredi que les changements géopolitiques de ces dernières décennies avaient érodé les missions initiales de l’OTAN.
« Le centre du monde n’est plus les États-Unis et l’UE », a-t-il déclaré, ajoutant que l’OTAN devait s’adapter à un nouveau paysage géopolitique si elle voulait conserver sa fonction et préserver sa « raison d’être ».
« Si l’OTAN est née pour garantir la paix, elle doit devenir une organisation qui assume ce rôle au niveau mondial, en s’engageant avec le Sud, du Brésil à l’Inde […], sinon nous n’atteindrons pas l’objectif que nous partageons tous : construire un cadre de sécurité dans lequel chacun peut participer selon des règles qui s’appliquent à tous de la même manière », a-t-il expliqué.