Mobilité urbaine : les loueurs de voitures mécontents d’être « exclus » des discussions de l’UE
Les géants de la location de voitures Avis, Europcar et Hertz ont adressé une lettre à la Commission européenne pour lui faire part de leur frustration de ne pas être associés aux discussions sur la mobilité urbaine organisées par l’UE.
Cet article a été mis à jour avec une réponse de la Commission européenne.
Les géants de la location de voitures Avis, Europcar et Hertz ont adressé une lettre à la Commission européenne pour lui faire part de leur frustration de ne pas être associés aux discussions sur la mobilité urbaine organisées par l’UE.
Les trois entreprises de location de voitures sont particulièrement mécontentes d’être écartées du Groupe d’experts sur la mobilité urbaine (EGUM), une plateforme qui rassemble les acteurs du transport afin de discuter de la manière de réduire les émissions dans les villes européennes.
Dans une lettre envoyée jeudi (12 janvier) à Henrik Hololei, directeur général du ministère des Transports de l’UE, les sociétés de location ont exprimé leur « profonde inquiétude » face à ce qu’elles considèrent comme « l’exclusion croissante du secteur de la location de voitures » des discussions officielles sur la mobilité urbaine verte dans l’UE.
« Notre secteur représente l’une des premières formes de mobilité en tant que service (MaaS) et prévoit de jouer un rôle important dans le passage d’un modèle de “propriété” des véhicules à un modèle d’’utilisation’ des véhicules, contribuant ainsi à réduire la congestion et la pollution urbaines », indique la lettre.
« Exclure le point de vue de notre secteur dans les discussions sur l’avenir de la mobilité urbaine représente donc une occasion manquée pour la Commission de bénéficier de notre expertise et de nos idées » sur divers sujets, poursuit la lettre.
Sous le nom de « Coalition des loueurs de voitures », le groupe déplore également la perception des sociétés de location de voitures comme « traditionnelles », alors que les entreprises de covoiturage sont considérées comme plus progressistes et mieux à même de contribuer à la réalisation des objectifs de réduction des émissions.
L’innovation dans le domaine de la location de voitures, notamment l’accès aux véhicules par le biais d’applications, a entraîné une confusion quant aux offres de covoiturage. La coalition qualifie en effet la location de voitures et le covoiturage de « variations d’un même service ».
Les sociétés de location de voitures veulent être considérées « sur un pied d’égalité avec les services de covoiturage et de partage de vélos et de scooters », les sociétés de covoiturage se positionnant comme un moyen de réduire la possession de voitures.
La coalition a demandé une réunion avec des responsables de la direction générale des Transports de la Commission afin de discuter de la manière dont le secteur de la location de voitures contribue à la mobilité urbaine et de comprendre pourquoi il a été ignoré dans les discussions européennes.
« Notre expérience et notre expertise dans ce domaine ne peuvent être reproduites par d’autres parties prenantes reconnues, telles que l’association de covoiturage MOVE EU ou l’association des constructeurs automobiles ACEA », explique la coalition.
Parmi les autres membres du groupe d’experts EGUM figurent l’association pour la mobilité électrique AVERE, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) et le groupe de défense des opérateurs de transport public UITP.
Interrogé par EURACTIV sur les raisons pour lesquelles les sociétés de location de voitures n’ont pas été sélectionnées pour rejoindre le groupe EGUM, un responsable de la Commission européenne a expliqué que 90 candidatures avaient été reçues pour 25 places disponibles. Si la coalition des loueurs de voitures n’a pas été retenue, elle a été placée sur une liste d’attente pour intégrer le groupe d’experts.
Le responsable a également déclaré que la Commission a le pouvoir de convier d’autres experts à prendre part aux travaux du groupe, si une expertise supplémentaire est nécessaire sur un sujet particulier.
Les groupes d’experts
La Commission européenne fait appel à des groupes d’experts pour l’élaboration la future législation. L’industrie et les ONG sont invitées à fournir des avis et des recommandations.
Bien qu’ils ne soient pas rémunérés, les postes au sein des groupes d’experts sont très prisés comme moyen de façonner la politique européenne. L’obtention d’un siège permet aux organisations d’avoir un accès privilégié aux responsables politiques, ce qui les aide à orienter les règles à venir en fonction de leurs objectifs.
La composition des groupes d’experts est également considérée comme un portrait des organisations les plus importantes dans un domaine particulier.
Après un appel public à candidatures, la Commission européenne sélectionne les membres de chaque groupe d’experts. Les recommandations du groupe ne sont pas contraignantes, bien qu’elles exercent souvent une certaine influence.
Le groupe d’experts EGUM a été créé en octobre 2022 pour contribuer à la mise en œuvre du Cadre européen de mobilité urbaine, qui fournit aux villes des recommandations sur les moyens de réduire les émissions dues aux transports tout en facilitant les déplacements.