Moldavie : le parti de la présidente pro-européenne Maia Sandu s’impose aussi au parlement

Maia Sandu, la présidente pro-européenne de la Moldavie, est sortie renforcée des élections législatives anticipées. Son parti a en effet remporté une majorité des 101 sièges du parlement moldave, auparavant aux mains de la coalition pro-russe d'Igor Dodon.

EURACTIV Italie
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Maia Sandu, la présidente de la Moldavie, s'adresse à la presse après avoir voté lors des élections législatives à Chisinau, en Moldavie, le 11 juillet 2021. [EPA-EFE/DUMITRU DORU]

Maia Sandu, la présidente pro-européenne de la Moldavie, est sortie renforcée des élections législatives anticipées qu’elle avait convoquées en juillet. Son parti a en effet remporté une majorité des 101 sièges du parlement moldave, auparavant aux mains de la coalition pro-russe d’Igor Dodon. Un article d’Euractiv Italie.

Maia Sandu, la présidente pro-européenne dont l’élection en novembre 2020 avait déjoué les pronostics, avait annoncé la dissolution du parlement le 28 avril dernier. Sa décision d’organiser des élections législatives anticipées dimanche 11 juillet avait pour but de renforcer sa position face aux forces pro-russes, accusées de faire de l’obstruction au niveau parlementaire et de « voler les citoyens ».

Le Parti Action et Solidarité (PAS) de la présidente, de centre-droit, a obtenu 52,74% des voix, sur la base du dépouillement de 99,95% des bulletins. La coalition des socialistes et des communistes a pour sa part obtenu 27,22% des suffrages.

« J’espère qu’aujourd’hui marque la fin d’une période difficile pour la Moldavie. J’espère que l’ère des voleurs arrive à son terme » a-t-elle écrit dans une publication sur Facebook. « J’ai voté pour un parlement honnête avec lequel travailler, qui élira des personnes intègres et compétentes », a déclaré Maia Sandu aux journalistes.

Ses principaux opposants, réunis au sein de la coalition des socialistes et des communistes proches de Moscou dirigée par Igor Dodon, n’ont remporté que 32 sièges, contre 62 pour le parti pro-européen de centre-droit. L’ancien président, qui bénéficie du soutien du Kremlin, a mis en garde contre le risque que font courir ceux qui veulent « céder le contrôle du pays à des forces extérieures ».

La Moldavie a toujours été divisée entre les sphères d’influence soviétique et européenne. Le pays a le statut d’associé de l’UE et est membre du Partenariat oriental. Cependant, sa région la plus orientale, la Transnistrie, a des ambitions séparatistes et est plus favorable aux relations avec la Russie.

Maia Sandu s’est montrée hostile au Kremlin dès le début de son mandat, proposant le retrait de la garnison militaire russe installée en Transnistrie. Les parlementaires favorables à Igor Dodon s’y sont opposés, bloquant la réforme et amenant la présidente à décider de dissoudre le parlement.

Les promesses d’honnêteté et de compétence de l’ancienne économiste de la Banque mondiale ont séduit le peuple moldave : un symbole de changement à même de redonner espoir en l’avenir à un pays jusqu’ici miné par les scandales politiques et la corruption.

Plus de 48% des électeurs se sont rendus aux urnes pour ces élections législatives, un chiffre supérieur à celui du premier tour des élections présidentielles mais inférieur aux 53% du second tour. Vingt partis et deux blocs se sont présentés aux élections, où il faut atteindre respectivement 5% et 7% des voix pour atteindre le seuil électoral. En dehors des deux principaux blocs, qui se sont partagé 94 sièges, le seul parti qui a atteint le seuil électoral est le Partidul Șor, un mouvement eurosceptique et pro-russe, qui a remporté les 7 sièges restants.

Les citoyens moldaves de l’étranger ont massivement soutenu Maia Sandu lors des élections présidentielles et ont confirmé cette tendance lors des élections législatives : sur les 209 000 votes recueillis, 86% ont été pour le PAS de centre-droit, tandis que la coalition socialiste d’Igor Dodon ne s’est placée qu’en quatrième position, avec seulement 2,49% des suffrages.