Moody’s abaisse la note de la France

Moody’s a privé la France de son triple A hier (19 novembre). La note souveraine de la deuxième économie européenne diminue donc d’un cran et passe de « Aaa » à « Aa1 » en raison de perspectives budgétaires incertaines et de la détérioration de l’économie.

EURACTIV.com / Reuters
François Hollande March 2012 unhappy.jpg
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Moody’s a privé la France de son triple A hier (19 novembre). La note souveraine de la deuxième économie européenne diminue donc d’un cran et passe de « Aaa » à « Aa1 » en raison de perspectives budgétaires incertaines et de la détérioration de l’économie.

 

À la suite d’un abaissement de Standard & Poor's en janvier, cette dégradation, était largement attendue, mais porte un coup au président socialiste, François Hollande, alors qu'il tente de convaincre le monde qu'il peut consolider les finances publiques de la France et relancer une économie au point mort.

 

Moody's a indiqué qu'elle maintenant la perspective négative de la France en raison de défis structurels et d'une « perte de compétitivité soutenue » dans le pays. Selon des dirigeants d'entreprises français, les frais de main-d'oeuvre élevés sont responsables de la diminution des exportations.

 

« Le risque pour la croissance économique et donc pour les finances publiques posé par les défis économiques structurels persistants du pays constitue la première raison de la dégradation d'un cran de la notation souveraine de la France », a déclaré Moody's.

 

« Ces défis comprennent les rigidités sur son marché du travail et des services ainsi que des niveaux d'innovation faibles. [Ces facteurs] mènent toujours la France vers une perte de compétitivité graduelle mais soutenue et vers une érosion progressive de sa base industrielle orientée sur l'exportation. »

 

Le ministre des finances, Pierre Moscovici, a indiqué dans un communiqué que cette dégradation devrait inciter le gouvernement socialiste, en place depuis six mois, à poursuivre des réformes. Il a toutefois souligné que, même après la dégradation de S&P, la dette de la France avait enregistré des rendements historiquement faibles.

 

Il a également indiqué que le gouvernement s'engageait à atteindre son objectif de réduction du déficit public à 3 % du PIB l'année prochaine contre 4,5 % attendu fin 2012.

 

Les conséquences de la dégradation de S&P sur les rendements des titres de dette française ont été faibles. Ces rendements ont enregistré un record historiquement bas d'un peu plus de 2 % ces dernières semaines, malgré l'inquiétude liée à l'économie chancelante de la France.

 

Réformes à venir

 

Moody's attendait d'examiner le budget de M. Hollande pour 2013 et sa réponse à une révision de la compétitivité industrielle avant d'ajuster la note de la France.

 

Standard & Poor's a noté la France AA+ avec une perspective négative, lorsqu'elle a diminué la note d'un cran en janvier. Fitch Ratings note toujours la France AAA, également placée sous une perspective négative.

 

La perte du triple A causée par deux agences pose problème à la France. Les fonds d'investissement demandent bien souvent qu'au moins deux agences de notation accordent au moins deux des meilleures notes pour que les actifs restent dans leurs portefeuilles.

 

Toute augmentation des coûts d'emprunt sera douloureuse dans la mesure où le gouvernement français lutte déjà pour contenir son déficit au moyen d’éventuelles réductions drastiques des dépenses publiques.

 

L'économie française de 2 mille milliards d'euros vacille au bord de la récession alors que M. Hollande a créé la surprise ce mois-ci en dévoilant des mesures destinées à encourager la compétitivité industrielle. La mesure principale est un allégement fiscal annuel de 20 milliards d'euros pour les entreprises, soit une réduction de 6 % des coûts de la main-d'oeuvre.

 

Le gouvernement avait déjà annoncé des économies de budget de 30 milliards d'euros l'année prochaine afin d'atteindre son objectif de déficit. Il travaille également à des réformes du droit du travail afin de permettre aux entreprises d'engager et de licencier plus facilement en raison des fluctuations économiques.