Moody's relève la note du Kazakhstan, félicitant sa diversification économique

Moody's a relevé la note de crédit à long terme du Kazakhstan de Baa2 à Baa1 avec une perspective « stable », ceci étant la note la plus élevée que l'agence ait attribuée au pays depuis son indépendance.

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This article is part of our special report "Les relations UE-Kazakhstan : une évolution stratégique et économique vers un rôle régional et mondial"
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La solide performance financière du Kazakhstan, avec de faibles niveaux d'endettement et une grande capacité à rembourser sa dette, ainsi que la politique du gouvernement de maintenir un déficit budgétaire compris entre 2,5 et 3 % du PIB, continueront à soutenir le profil de crédit du pays.  [Shutterstock : MaxZolotukhin]

Moody’s a relevé la note de crédit à long terme du Kazakhstan de Baa2 à Baa1 avec une perspective « stable », ceci étant la note la plus élevée que l’agence ait attribuée au pays depuis son indépendance. 

Un rapport publié le 9 septembre par la société de services financiers reconnaît l’amélioration continue de l’environnement institutionnel et politique du Kazakhstan, combinée à une diversification économique soutenue. 

Ces facteurs ont contribué à une plus grande stabilité économique et à une meilleure solvabilité. Les experts de Moody’s s’attendent à ce que ces améliorations se poursuivent et que la résilience du crédit se renforce encore. 

La perspective stable, selon l’entreprise, reflète des risques équilibrés. Les réformes en cours aux niveaux institutionnel et économique peuvent faire du Kazakhstan une destination plus attrayante pour investir. 

Cela peut, à son tour, conduire à un progrès accéléré de la diversification économique dans le pays au-delà des attentes de Moody’s, renforçant encore le profil de crédit du Kazakhstan. 

Cependant, une détérioration de la géopolitique régionale et le potentiel de sanctions secondaires sont soulignés comme étant des facteurs de risque clés. La réapparition de risques politiques nationaux ou de troubles sociaux peut freiner les investissements étrangers et assombrir les perspectives économiques. 

Progrès dans la diversification économique 

Moody’s a salué les progrès réalisés par le Kazakhstan pour réduire sa dépendance économique aux hydrocarbures. Au cours de l’année écoulée, le secteur non pétrolier a affiché une croissance, avec des performances notables dans les secteurs des TIC, des transports et de la fabrication. 

Le rapport soutient que la diversification a contribué à maintenir la stabilité économique et financière même en cas de chocs, et qu’elle atténue les risques associés aux fluctuations des prix et de la production du pétrole. 

Le développement du secteur du transport et de la logistique, selon Moody’s, est l’un des principaux moteurs de la croissance et de la diversification, soulignant la croissance rapide de l’activité de transit de marchandises sur la route commerciale internationale transcaspienne. 

Également appelée Corridor du milieu, cette route offre de meilleures perspectives de détourner encore plus les chaînes d’approvisionnement régionales de la Russie, ce qui est devenu intéressant aux yeux des investisseurs étrangers cherchant à se développer dans les secteurs non pétroliers (fabrication automobile, produits pharmaceutiques, industries alimentaires, matériaux de construction). 

Moody’s a évalué les efforts du gouvernement visant à améliorer le climat commercial et à attirer les investissements, ainsi que les mesures visant à créer un écosystème favorable et à réduire les obstacles bureaucratiques. 

Transparence et gouvernance 

Les rapports voient d’un œil favorable les réformes constitutionnelles et électorales au cours de la période 2022-2023, réformes qui ont réduit le pouvoir présidentiel et ouvert la voie à une représentation politique élargie et à un plus grand engagement civique. 

Le gouvernement kazakh est salué pour avoir fait passer des réformes visant à améliorer la transparence et la gouvernance, avec des efforts persistants pour lutter contre la corruption. Il est également félicité pour avoir abordé les problèmes sociaux survenus lors des troubles de janvier 2022, avec des demandes d’amélioration de l’accès à l’éducation et d’élargissement de la gazéification. 

Le rapport mentionne le fait que le Kazakhstan est le seul pays d’Asie centrale à avoir rejoint le Groupe d’États contre la corruption (GRECO) du Conseil de l’Europe, qui comprend 46 pays européens et les États-Unis. 

Solidité du crédit 

La solide performance financière du Kazakhstan, avec de faibles niveaux d’endettement et une grande capacité à rembourser sa dette, ainsi que la politique du gouvernement de maintenir un déficit budgétaire compris entre 2,5 et 3 % du PIB, continueront à soutenir le profil de crédit du pays. 

Un nouveau code budgétaire est en cours d’élaboration pour améliorer la redevabilité et l’efficacité fiscales, indique le rapport, tandis que les révisions prévues du code des impôts envisagent une augmentation des recettes fiscales et de la conformité. 

Comme le souligne également un communiqué de presse du ministère de l’Économie nationale, cette mise à niveau renforcera la stabilité économique et financière du pays, améliorera la position internationale du pays et attirera les investissements des marchés de capitaux. 

Hausse ou baisse de la note 

Si le Kazakhstan poursuit ses réformes visant à améliorer la qualité de ses institutions, sa crédibilité et l’efficacité de ses politiques au-delà des attentes, Moody’s relèvera probablement sa note. 

Le pays est donc encouragé à continuer à progresser dans sa diversification économique et à poursuivre les réformes visant à relever les défis structurels, tels que le rôle limité du secteur privé dans l’économie, le manque de main-d’œuvre qualifiée et l’affaiblissement des infrastructures énergétiques et de transport. 

La note pourrait toutefois être dégradée en cas de détérioration importante et durable des paramètres économiques et budgétaires du Kazakhstan, peut-être en raison d’une baisse structurelle de la production ou des exportations de pétrole, ou d’un choc négatif des prix du pétrole que le gouvernement ne serait pas en mesure de gérer. 

Les risques politiques intérieurs ou une réapparition de troubles sociaux, avec des effets potentiellement négatifs sur la production pétrolière, l’extraction de minerais ou les investissements étrangers, et éventuellement le programme de réforme du gouvernement, pourraient contribuer à la pression à la baisse sur la note.