Natalia Zaroudna : les relations germano-ukrainiennes peuvent être améliorées

L'ambassadeur ukrainien auprès de l'Allemagne, Natalia Zaroudna, affirme que l'Ukraine est en faveur de l'intégration européenne et qu'il s'agit d'un « choix de civilisation ». Elle argue également que les autorités allemandes devraient se montrer plus compréhensives face aux difficultés de son pays.

EURACTIV.com
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L'ambassadeur ukrainien auprès de l'Allemagne, Natalia Zaroudna, affirme que l'Ukraine est en faveur de l'intégration européenne et qu'il s'agit d'un « choix de civilisation ». Elle argue également que les autorités allemandes devraient se montrer plus compréhensives face aux difficultés de son pays.

Le sommet UE-Ukraine du 19 décembre à Kiev n'a pas abouti à la signature d'un accord d'association avec l'Union, notamment en raison de l'emprisonnement de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko pour abus de pouvoir.

Bruxelles a qualifié cette condamnation de « politiquement motivée ».

Mme Zaroudna a toutefois laissé entendre que l'accord n'avait pas été signé à cause de la réticence de l'UE à fournir à l'Ukraine des perspectives claire quant à sa future adhésion à l'Union européenne. 

« Il est surprenant de voir qu'il est difficile pour l'Allemagne d'admettre que nous avons une identité européenne », a-t-elle déclaré lors d'un entretien accordé à EURACTIV Allemagne.

Selon certains diplomates, l'Ukraine semble attacher plus d'importance au préambule de l'accord d'association qu'à la signature même du document.

Ce préambule pourrait soit mentionner que l'Ukraine est destinée à devenir un Etat membre de l'UE ou juste « prendre note » de l'importance qu'attache l'Ukraine à son identité européenne.

Des diplomates ont confié à EURACTIV que le pays le plus réticent face à l'Ukraine était l'Allemagne. D'autres pays en revanche, comme la Pologne, ont fait pression pour un renforcement des relations bilatérales entre l'UE et l'Ukraine avant que la Russie ne parvienne à la convaincre d'adhérer à son projet d'Union eurasienne.

« Franchement, je souhaiterais que l'Allemagne comprenne mieux l'Ukraine, ses réalités et son évolution. Je souhaiterais qu'ils apprécient davantage les progrès qui ont déjà été réalisés et qu'ils considèrent l'Ukraine comme un membre potentiel de l'Union européenne traité comme tel », a expliqué Mme Zaroudna.

La diplomate ukrainienne a souligné que sur d'autres aspects, les relations de son pays avec l'Allemagne progressaient, affirmant que les deux parties étaient à nouveau sur des dynamiques positives en matière de commerce et de coopération sur l'investissement avec une augmentation de près de 50 % du commerce bilatéral. Elle a en outre salué l'aide apportée à l'Ukraine dans les domaines de l'agriculture, de l'efficacité énergétique et sur le site de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Elle a néanmoins affirmé qu'au bout de trois ans au poste d'ambassadeur auprès de l'Allemagne, il restait des progrès à faire.

Le choix de l'Europe

Mme Zaroudna a argué que l'Ukraine s'engageait en faveur de l'Europe, et ce malgré les coûts que cela représente : « Avec cet accord d'association, l'Ukraine s'engage à mettre en oeuvre jusqu'à 80 % de l'acquis communautaire. Cela demandera beaucoup d'effort, et beaucoup d'argent. »

« La majorité des Ukrainiens soutiennent l'idée de l'intégration de l'Ukraine à l'UE. Les principales forces politiques saluent et soutiennent ce processus […] Pour nous, l'intégration européenne est synonyme de modernisation du pays et de la société. En d'autres termes, c'est le choix de la civilisation », a-t-elle insisté.

Tout en niant partiellement les affirmations selon lesquelles le procès de Mme Timochenko était politiquement motivé, Mme Zaroudna a admis que la démocratie ukrainienne était encore loin d'être exemplaire.

Elle a ajouté que son pays travaillait sur les réformes du système judiciaires recommandées par la Commission de Venise du Conseil de l'Europe qui assiste les pays en matière de démocratie. Lors d'un précédent entretien accordé à EURACTIV, le directeur de cette Commission, Thomas Markert, s'était montré très critique envers les réformes électorales dans le pays.

Pour lire cet entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.