Valérie Pécresse n’appellera pas ses électeurs à voter pour Emmanuel Macron
La candidate des Républicains, Valérie Pécresse, a indiqué qu’elle ne donnerait aucune consigne de vote si elle n’était pas qualifiée au second tour de l’élection présidentielle. Une première pour un candidat de la droite traditionnelle.
La candidate des Républicains, Valérie Pécresse, a indiqué vendredi (8 avril) qu’elle ne donnerait aucune consigne de vote si elle n’était pas qualifiée au second tour de l’élection présidentielle. Une première pour un candidat de la droite traditionnelle.
Interrogée sur France Inter par un auditeur vendredi, dernier jour de la campagne électorale pour le premier tour, Valérie Pécresse a déclaré qu’elle « ne donnera[it] pas de consigne de vote » en cas de défaite.
Selon la candidate de la droite conservatrice, « les Français sont libres, ce sont eux qui votent », en assurant qu’ils « ne veulent pas de consigne ». En revanche, si elle est battue dimanche, Mme Pécresse indiquera publiquement pour qui elle a l’intention de voter.
Il s’agit d’une rupture majeure pour le parti de la droite républicaine, qui historiquement a toujours appelé à voter pour le candidat qui faisait face à un candidat d’extrême droite.
Ce qui jadis était appelé le « front républicain », semble être en train de s’effriter selon l’analyse d’une ancienne élue de droite, qui souhaite rester anonyme, et qui a exercé des responsabilités éminentes dans une grande ville française.
« Je ne comprends pas comment une démocrate peut refuser de demander un vote contre Le Pen ? », s’interroge-t-elle.
Une « ligne de fracture » est en train de se consommer au sein de l’ancien parti de cette même source, qui pense notamment à « Éric Ciotti, qui est à la limite de l’extrême droite », en constatant que « la droite républicaine se radicalise ». Pour rappel, M. Ciotti était avec Mme Pécresse le finaliste de la primaire de la droite, et est aujourd’hui le numéro deux officieux de la campagne de la candidate.
Il ne faut pas oublier que « toute la partie pro-européenne n’a pas repris sa carte » chez Les Républicains, en référence à Edouard Philippe, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé, pour qui « la ligne rouge a toujours été l’extrême droite et le refus de l’étranger », analyse-t-elle.
Pour rappel, dans des contextes différents, tous ont fini par soutenir le président sortant, Emmanuel Macron.
Il faut « être fidèle à mes idées ou être fidèle à mon parti ? », conclut cette ancienne élue locale influente.
Malgré tout, il faut tenir compte du « contexte, [Valérie Pécresse] ne peut pas appeler à voter pour quelqu’un d’autre qu’elle-même […] c’est le dernier jour de la campagne ! » reconnaît l’ancienne responsable politique, qui se dit néanmoins « impressionnée » par ces propos.
Contactée par EURACTIV France, l’eurodéputée Les Républicains Nadine Morano considère qu’« avant le premier tour, on ne parle jamais du deuxième ». « Il faut se battre jusqu’au bout […] la seule question qui vaille, est la victoire », ajoute l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, regrettant par ces mots que Mme Pécresse ait répondu à la question qui lui était posée en ce sens.
« Les consignes de votes appartiennent à une autre époque », a indiqué la députée Constance Le Grip et fidèle de Valérie Pécresse. « On ne se cache pas derrière notre petit doigt », se défend-elle, notant qu’il n’y aura pas « le moindre accommodement avec l’extrême droite ».
Mme Pécresse a ensuite précisé son propos sur Twitter : « je dirai clairement quel sera mon vote et je dirai le chemin que je pense le bon pour la France ».
Je souhaite que les Francais me placent au deuxieme tour. Qu’ils ne soient dupes d’aucun faussaire de la droite. Si tel n’etait pas le cas, comme je l’ai toujours fait, je dirai clairement quel sera mon vote et je dirai le chemin que je pense le bon pour la France.
— Valérie Pécresse (@vpecresse) April 8, 2022
Dans la foulée de l’intervention de Valérie Pécresse à la radio, Marine Le Pen s’est réjouie d’un « changement de jurisprudence chez LR », qu’elle qualifie de « décision sage » de la part de la candidate de la droite.