Neutralité carbone : "Le nucléaire seul ne suffira pas", selon le président de RTE
Si la France veut atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, elle devra intégrer les énergies renouvelables dans son mix énergétique, estime le patron de RTE pour qui le nucléaire seul ne sera pas suffisant.
Si la France veut atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, elle devra intégrer les énergies renouvelables dans son mix énergétique, estime le patron de RTE pour qui le nucléaire seul ne sera pas suffisant.
« Pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, le nucléaire seul ne suffira pas », a déclaré Xavier Piechaczyk, président de RTE, premier gestionnaire de réseau d’électricité français, sur France Inter samedi (26 août).
Face au réchauffement climatique, la France s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et à participer à l’effort européen de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici à 2030 dans le cadre du Green deal.
Mais pour M. Piechaczyk, ces objectifs sont irréalisables si la France ne diversifie pas plus son mix énergétique. Actuellement, la consommation d’énergie primaire en France se répartit ainsi que le nucléaire représente 40 %, le pétrole 28 %, le gaz naturel 16 %, les énergies renouvelables 14 % et le charbon 2 %, selon les chiffres du ministère de la Transition écologique.
D’autant que « la consommation d’énergie va baisser, mais celle d’électricité va augmenter pour se substituer aux énergies fossiles », de l’ordre de 25 % d’électricité décarbonée en plus, écrivait RTE dans son rapport de référence sur le mix énergétique français en 2050.
Si le nucléaire représente environ 60 à 70 % de la production d’électricité du pays, le patron de RTE appelle toutefois à « faire des énergies renouvelables le plus vite possible, car d’ici 2035 il n’y aura pas de nouveaux réacteurs en service » pour répondre aux besoins de décarbonation du mix énergétique.
Pour rappel, la France a pour objectif de construire six nouveaux petits réacteurs nucléaires (EPR), mais ils ne seront pas opérationnels avant 2035. Le premier béton du premier réacteur ne devrait être coulé qu’en 2027.
« La France est frappée d’une pathologie, qui est de passer son temps à polémiquer entre le nucléaire versus le renouvelable : ce n’est pas la première question à se poser. »
Le patron de RTE fait notamment référence au conflit entre la gauche radicale et les écologistes opposés au nucléaire, contre la majorité présidentielle et la droite, soutenue par les communistes, en faveur du développement du nucléaire.