Nicolas Sarkozy présente ses chevaux de bataille pour la prochaine élection
Lundi (27 mai), le président français, Nicolas Sarkozy, a présenté ses premiers chevaux de bataille pour les élections de 2012 ; il s’en est pris aux 35 heures, mises en place par la gauche, et a affirmé que la France devait investir pour la croissance si elle voulait garder son système de sécurité sociale coûteux.
Lundi (27 mai), le président français, Nicolas Sarkozy, a présenté ses premiers chevaux de bataille pour les élections de 2012 ; il s’en est pris aux 35 heures, mises en place par la gauche, et a affirmé que la France devait investir pour la croissance si elle voulait garder son système de sécurité sociale coûteux.
Promettant 20 milliards d'euros pour la recherche et le développement en sciences, la santé et la technologie d'ici la fin de 2011, M. Sarkozy a déclaré que la France devait encourager la croissance dans de nouveaux secteurs pour s'assurer d'avoir suffisamment de richesses à redistribuer.
Il a affirmé que la limite des 35 heures de travail par semaine, introduite en 2000, avait rendu le pays peu compétitif et qu'il était à présent à la traîne par rapport à l'Allemagne.
M. Sarkozy s'est adressé aux médias lors d'une conférence de presse, 24 heures avant l'annonce prévue de la candidature aux présidentielles de Martine Aubry pour le Parti socialiste dans l'opposition. Martine Aubry est l'une de ses rivales à gauche et l'architecte de la semaine des 35 heures.
« Si la France veut continuer à préserver et à financer son modèle social, la France doit investir massivement », a déclaré Nicolas Sarkozy.
Il a déclaré que l'investissement de 20 milliards d'euros, qui fait partie d'un investissement plus important de 35 milliards d'euros annoncé l'année dernière, avait été crucial, car l'aggravation de la crise de la dette en Grèce avait démontré que les diminutions des dépenses n'étaient pas suffisantes pour une relance économique.
« Pour surmonter la crise, il faut la réduction des dépenses et l'augmentation de la croissance. Il n'y a pas de meilleur chemin pour augmenter la croissance que l'innovation, la recherche et l'investissement », a ajouté le président français.
Sa popularité a légèrement remonté dans les sondages depuis que son principal rival, Dominique Strauss-Kahn, a été mis hors course après son arrestation en mai à New York suite à des accusations de viol sur une femme de chambre dans un hôtel.
Sarkozy met l'accent sur l'économie
M. Sarkozy tente en ce moment de profiter de ce regain de popularité dans les sondages et de se présenter comme un visionnaire dans le domaine de l'économie, une sphère qu'il n'est pas parvenu à maîtriser selon ses détracteurs.
Qualifiant son plan d'investissement de 35 milliards d'euros de « sans précédent » en France, M. Sarkozy a expliqué que le pays s'était trop concentré sur la redistribution des richesses par le passé au lieu d'en produire, un point qu'il avait également mis en avant lors de sa campagne électorale de 2007.
« Quand on faisait le choix des 35 heures, nos amis allemands faisaient le choix de l'investissement, de la compétitivité. Aujourd'hui, ils ont moins de chômeurs, moins de déficit et plus de croissance ».
Mme Aubry avait insisté pour une réduction de la semaine de travail de 39 heures lorsqu'elle était ministre du travail dans le gouvernement du président conservateur Jacques Chirac et du premier ministre socialiste Lionel Jospin.
Dans une autre attaque dirigée contre le Parti socialiste qui, selon les sondages, pourrait lui ravir le pouvoir, M. Sarkozy a déclaré que la révocation de sa loi de 2010 sur le recul de l'âge de la retraite ou l'opposition à un nouveau plan voué à limiter le déficit public risquaient de faire exploser la dette et le déficit français.
Martine Aubry et le dirigeant du Parti socialiste, François Hollande, sont les favoris pour les primaires de leur parti qui débuteront mardi. M. Sarkozy devrait confirmer fin 2011 sa candidature aux élections pour un second mandat.
Des membres du parti affirment que le message de la campagne de M. Sarkozy aura pour objectif de convaincre les électeurs qu'ils feraient mieux de le soutenir plutôt que de voter pour un changement de gouvernement en plein milieu de la période de relance économique. Il insistera également sur la nécessité d'ouvrir la France à l'économie mondiale et de stimuler ses exportations.
Les sondages ont montré plus tôt cette année que Marine Le Pen, la dirigeante du Front National, parti d'extrême droite, pourrait battre M. Sarkozy au premier tour et affronter la gauche en mai lors du second tour.
Toutefois, les sondages montrent que ces prévisions ne sont plus autant d'actualité depuis que la popularité du président a regrimpé. Il aurait, selon les instituts de sondage toujours, bénéficié d'une baisse du taux de chômage.
EURACTIV avec Reuters – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet