Nucléaire : à Gravelines, des méduses mettent quatre réacteurs à l’arrêt

La présence massive de méduses a conduit à l’arrêt de quatre réacteurs nucléaires de la centrale de Gravelines (Nord). Un coup dur pour un parc nucléaire français déjà fragilisé.

EURACTIV.com
[Getty Images/Andrea Savorani Neri_NurPhoto]

EDF a annoncé lundi 11 août l’arrêt automatique de quatre réacteurs de sa centrale nucléaire de Gravelines, qui représentent ensemble une capacité de 3,6 GW, en raison d’une invasion massive de méduses obstruant les filtres des stations de pompage.

Ces arrêts sont dus à « la présence massive et non prévisible de méduses dans les tambours filtrants des stations de pompage situés en partie non nucléaire des installations », a fait savoir l’énergéticien dans un communiqué. Située en bord de mer, la centrale utilise l’eau de la mer du Nord pour refroidir ses réacteurs.

EDF assure également que ces arrêts « n’ont pas eu de conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou sur l’environnement ».

« Les équipes de la centrale sont mobilisées et procèdent actuellement aux diagnostics et interventions nécessaires pour pouvoir redémarrer les unités de production en toute sûreté », précise EDF dans son communiqué.

Selon les données communiquées au Réseau de transport d’électricité (RTE), ce redémarrage pourrait prendre plusieurs jours.

En attendant, avec deux autres unités déjà arrêtées pour maintenance, l’ensemble du site est désormais à l’arrêt provisoire.

Gravelines est la plus grande centrale nucléaire d’Europe occidentale, avec ses six réacteurs à eau pressurisée de 900 MW chacun. Deux réacteurs de nouvelle génération (EPR2) de 1 600 MW sont aussi prévus d’ici à 2040, rappelle l’AFP.

Le parc français à la peine

La France tire environ 70 % de son électricité du nucléaire, un secteur souvent contraint de réduire sa production lors des pics de chaleur, l’eau de refroidissement se réchauffant.

Avec d’autres pannes dans le pays, environ 6,5 GW — soit un dixième du parc nucléaire — sont actuellement hors service. Ces difficultés interviennent alors qu’une vague de chaleur frappe la France, avec des alertes météo élevées dans douze départements.

Malgré ces perturbations, la France est restée exportatrice nette d’électricité lundi grâce à une forte production solaire.

Des méduses qui prolifèrent

Les méduses se multiplient de plus en plus dans les eaux. Cette prolifération serait largement liée aux activités humaines, notamment la surpêche qui réduit les prédateurs naturels et les concurrents des méduses.

Le changement climatique et l’augmentation des émissions de CO2 favorisent aussi leur développement.

Très sensibles aux variations de température, elles tendent également à se rapprocher des côtes quand l’eau se réchauffe, ce qui accroît leur présence près des prises d’eau des centrales nucléaires.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]