Nucléaire : EDF soupçonné de distorsion de concurrence

L’association Afelin, qui regroupe Alpiq, Vattenfall, Enel, et E.ON, reproche à l’opérateur historique de vouloir privilégier certains clients sur le prix d’accès au nucléaire de l’entreprise.

EURACTIV.fr
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L’association Afelin, qui regroupe Alpiq, Vattenfall, Enel, et E.ON, reproche à l’opérateur historique de vouloir privilégier certains clients sur le prix d’accès au nucléaire de l’entreprise.

Les concurrents d’EDF craignent une distorsion de concurrence à court terme sur les prix pratiqués par l’opérateur historique pour vendre son énergie d’origine nucléaire. 

La loi Nome (Nouvelle ouverture du marché de l’électricité), qui vise à achever la libéralisation du marché de l’électricité en France, prévoit qu’EDF vende une partie de son nucléaire à un prix fixé par décret. Le 1er janvier 2012, le tarif de l’accès régulé au nucléaire d’EDF (Arenh) est passé de 40 à 42 euros le mégawhattheure. 

Mais, dans le numéro du 15 décembre du magazine Energie plus, le directeur marketing d’EDF entreprise, Philippe Commaret, a indiqué que « lorsque l’Arenh passera à 42 euros /MWH au 1er janvier 2012, nous ne la répercuterons qu’au 1er avril. C’est un geste commercial pour les clients qui choisissent cette offre ».

Un peu plus loin dans l’entretien, M. Commaret a pourtant déclaré que « l’Arenh étant censé refléter les coûts de production nucléaire, EDF ne peut pas vendre sous ce prix ».

A la même enseigne

L’idée de favoriser certains clients de l’opérateur a suscité une réaction des concurrents d’EDF. Dans un communiqué publié le 12 janvier, mais passé inaperçu, l’association des fournisseurs d’électricité à l’industrie et aux services (Afelins) a mis en garde EDF contre toute distorsion de concurrence.

Membre de l’Afelins, les énergéticiens Alpiq, Enel, E.ON et Vattenfall demandent une égalité de traitement dans la mise en œuvre de la loi Nome. 

Les énergéticiens veulent donc se voir appliquer la même ristourne que les clients concernés par un report au mois d’avril de l’augmentation du prix de l’Arenh. 

Joint par l’AFP, EDF a nié le problème de concurrence et expliqué que cette décision serait « sans impact sur les factures » car elle ne concernait qu’un « très petit nombre de clients ». 

La direction générale de la concurrence n’a pas réagi pour le moment.