Nucléaire : l'alliance sur les SMR dévoile sa feuille de route pour les prochains mois

Lors de l'assemblée générale de l’Alliance industrielle sur les petits réacteurs modulaires (SMR) organisée la semaine dernière (29 et 30 mai), les participants ont défini les prochaines étapes de leur travaux et nommé les présidences des groupes de travail.

Euractiv France
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Kadri Simson, commissaire européen à l'énergie, lors d'une réunion de l'alliance industrielle européenne des SMR, le 22 mars 2024, à Bruxelles, Belgique. [Union européenne 2024]

Lors de l’assemblée générale de l’Alliance industrielle sur les petits réacteurs modulaires (SMR) organisée la semaine dernière (29 et 30 mai), les participants ont défini les prochaines étapes de leur travaux et nommé les présidences des groupes de travail. 

« Il est temps d’aller au-delà de la recherche et du développement », a déclaré la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, en ouverture de la première assemblée générale de l’Alliance industrielle européenne des petits réacteurs nucléaires (small modular reactors, SMR, en anglais), mercredi (29 mai).

L’alliance industrielle des SMR a été lancée en février dernier avec la bénédiction de la Commission européenne. Son but  ? Développer un écosystème en Europe pour le développement des SMR et des réacteurs modulaires avancés de 4e génération (advanced modular reactors, AMR, en anglais).

Ces réacteurs ont une puissance comprise entre 2 et 300 MW et peuvent servir à la génération d’électricité ou de chaleur pour des applications industrielles ou collectives, ou au remplacement de centrales à charbon.

Les parties prenantes à l’Alliance espèrent des mises en route dans la première moitié de la décennie 2030-2040, si ce n’est avant pour les plus optimistes. Les conclusions de l’assemblée générale, publiées lundi (4 juin), dévoilent les présidences des groupes de travail et les prochaines étapes pour l’Alliance et ses 277 membres.

Présidence des huit groupes de travail

Les huit groupes de travail sont présidés par des entreprises européennes. La répartition s’est faite en fonction de plusieurs critères, comme la situation géographique ou le nombre d’entreprises concernées dans chaque pays.

  • Groupe 1 « application industrielle » : présidé par le CEFIC, principale association professionnelle européenne de l’industrie chimique en Europe  ; vice-présidé par Eurometaux, association professionnelle européenne des producteurs de métaux (autre que le fer).
  • Groupe 2 « recherches et le développement (R&D) » : présidé par le SCK CEN, un centre de recherche nucléaire belge  ; vice-présidé par Framatome, fournisseur français d’équipements, de services et de combustible pour les centrales nucléaires.
  • Groupe 3 « chaines d’approvisionnement » : présidé par le constructeur de centrales nucléaires français, EDF  ; vice-présidé par l’italien Walter Tosto, concepteur et fabricant d’équipements pour l’industrie des procédés, en particulier dans la chimie, la pétrochimie, le pétrole et le gaz.
  • Groupe 4 « compétences » : présidé par Politecnico di Milano POLIMI, école d’ingénieur italienne  ; vice-présidé par le GIFEN, le syndicat professionnel de l’industrie nucléaire française.
  • Groupe 5 « engagements publics » : présidé par GMF, le groupe européen des municipalités dotées d’installations nucléaires. La vice-présidence n’a pas encore été définie.
  • Groupe 6 « suretés nucléaires » : présidé par l’énergéticien d’État finlandais Fortum  ; vice-présidé par l’exploitant nucléaire roumain Nuclearelectrica.
  • Groupe 7 « cycles du combustible et la gestion des déchets » : présidé par le fournisseur d’uranium néerlandais Urenco  ; vice-présidé par le fournisseur français Orano.
  • Groupe 8 « financements » : présidé par l’énergéticien tchèque CEZ. La vice-présidence n’a pas encore été définie.

NuclearEurope, association professionnelle européenne en défense du nucléaire et membre du comité de pilotage de l’Alliance, chapeautera également les groupes « chaine d’approvisionnement » et « financement », explique à Euractiv son directeur général Yves Desbazeille.

Prochaines étapes

L’objectif final est de produire, pour le 1er trimestre 2025, un plan d’action général structuré autour de 10 tâches, notamment les objectifs à atteindre, les activités à mener, les produits à livrer et les différentes étapes à venir pour l’Alliance.

D’ici le 10 juin, les membres de l’Alliance devront indiquer à quel groupe ils souhaitent se joindre. Les groupes, « R&D », « chaine d’approvisionnement », « compétences » et «financements », lanceront leurs travaux dès juin. Les autres en octobre.

« Pour le moment, les travaux à mener ne sont pas encore complètement définis », confie Yves Desbazeille. «L’étape importante à venir est la définition d’une feuille de route technologique pour la fin de l’année », explique Andrei Goicea, directeur des politiques de développement chez NucleaEurope. Le groupe de travail « R&D » s’en chargera avec l’aide d’autres groupes de travail. Actuellement, 24 design différents sont répertoriés : 10 SMR non-AMR et 14 AMR.

En parallèle, le président de la Plate-forme technologique pour l’énergie nucléaire durable (SNETP), également membre du comité de pilotage de l’alliance, a annoncé que des groupes de « projets » seront créés en septembre pour chaque projet de petit réacteur retenu en fonction d’une évaluation en cours. Ils profiteront ainsi d’un soutien, et pourront potentiellement participer à un projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) pour faciliter leur financement grâce à des fonds publics.

D’ici là, la première réunion du conseil d’administration, composé des États membres et du Groupe des régulateurs européens de la sûreté nucléaire, se déroulera début juillet, conclut Yves Desbazeille.