Offensive franco-allemande pour défendre la zone euro

Paris et Berlin proposent un « pacte de compétitivité » à leurs partenaires de la zone euro. Ils demandent que les 17 pays se réunissent au plus haut niveau avant la fin mars.

EURACTIV.fr

Paris et Berlin proposent un « pacte de compétitivité » à leurs partenaires de la zone euro. Ils demandent que les 17 pays se réunissent au plus haut niveau avant la fin mars.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel veulent faire adopter aux pays de la monnaie unique un «pacte de compétitivité», dont EURACTIV s’est procuré une version avancée.  Les représentants des deux pays ont dévoilé leurs propositions pour l’avenir de la zone euro, vendredi 4 février, à l’occasion d’une rencontre des dirigeants européens à Bruxelles. Ils ont également demandé la tenue d’un sommet de la zone euro avant la fin du mois de mars. 

Le projet franco-allemand est destiné à calmer la défiance des marchés à l’encontre des 17 États de la zone euro. «L’année 2011 sera celle de la confiance retrouvée dans l’euro», a affirmé la chancelière. L’Allemagne invite ses partenaires à se concentrer sur «les meilleures pratiques» européennes. L’idée des deux pays est d’éviter que la confiance des marchés dans la monnaie unique ne soit affectée par la «divergence» des économies de la zone euro.

L’adoption du pacte de compétitivité est nécessaire «de façon à ce que les observateurs du monde entier comprennent que les économies européennes vont dans le sens de la compétitivité», a insisté Nicolas Sarkozy.

Pacte ouvert

«Nous voulons renforcer la compétitivité de l’euro», a ajouté le président français. Il a souligné la nécessité d’adopter «un plan structurel» pour apporter des réponses à la situation économique, quelques mois après les mesures d’urgences entérinées après la crise.

Juridiquement, ce projet s’appuierait sur l’article 136 du traité, qui permet aux États de la zone monétaire d’adopter des mesures pour renforcer leur coordination budgétaire. 

Côté français, on précise toutefois que ce pacte serait ouvert aux pays non membres de la zone euro, si certains souhaitent appliquer les critères du texte.

Et la Commission ?

Même si officiellement, les dirigeants européens doivent renvoyer au mois de mars l’adoption de «mesures concrètes», Angela Merkel et Nicolas Sarkozy proposent notamment de cesser d’indexer les salaires sur l’inflation. Au cours de la réunion, le premier ministre belge, Yves Leterme, s’est fermement opposé à cette idée, selon des sources diplomatiques. Depuis 1996, la Belgique possède une loi qui indexe les salaires sur l’inflation, tout en tenant compte de la situation de ses voisins européens.

L’Allemagne propose cinq autres mesures à ses partenaires, mais elles ne figurent pas officiellement dans les conclusions publiées à l’occasion du sommet.

Paris et Berlin demandent aussi l’inscription du respect des critères budgétaires imposés par l’UE dans les constitutions nationales. Le gouvernement de François Fillon a indiqué qu’une loi sur le sujet serait très prochainement présentée au Parlement. 

La France se défend de vouloir écarter la Commission européenne de l’adoption de ces mesures. «Nous aurons besoin de la Commission», fait-on valoir côté français, où l’on insiste sur le rôle que peut avoir Bruxelles pour «réfléchir à la manière dont les choses évoluent». Pourtant, la proposition franco-allemand va clairement à l’encontre de la méthode prônée par la Commission européenne. 

Devant les eurodéputés, lundi 31 janvier, le président de l’exécutif, José Manuel Barroso, a affirmé que les négociations devaient s’inscrire dans le cadre communautaire. Un point de vue partagé par le président du Parlement, Jerzy Buzek.