Olaf Scholz annonce prolonger l'exploitation des trois dernières centrales nucléaires
Le chancelier allemand Olaf Scholz s’est montré ferme à l’égard de sa coalition gouvernementale en proie à des tensions internes, usant de son autorité constitutionnelle pour résoudre le différend sur la poursuite de l’exploitation des centrales nucléaires.
Le chancelier allemand Olaf Scholz s’est montré ferme à l’égard de sa coalition gouvernementale en proie à des tensions internes, usant de son autorité constitutionnelle pour résoudre le différend sur la poursuite de l’exploitation des centrales nucléaires.
Les trois dernières centrales nucléaires allemandes, qui doivent être fermées à la fin de l’année, suscitent la controverse à Berlin depuis des semaines. Dans un contexte de crise énergétique, le parti libéral FDP s’est opposé à la fermeture des centrales, tandis que le parti antinucléaire des Verts a tenu à respecter la date de fermeture initiale.
Compte tenu des importantes pannes des centrales nucléaires françaises, les gestionnaires de réseau allemands ont recommandé de garder les deux centrales du sud disponibles en cas d’urgence. Des querelles internes à la coalition gouvernementale ont depuis éclaté, forçant le chancelier allemand à trancher de manière unilatérale.
Ainsi, M. Scholz a décrété que les trois centrales nucléaires en activité devraient pouvoir fonctionner jusqu’au 15 avril 2023, selon une lettre adressée lundi (17 octobre) aux ministres des Finances, de l’Économie et de l’Environnement, consultée par EURACTIV.
Afin de calmer les ardeurs des Verts antinucléaires, il a annoncé « une loi ambitieuse visant à accroître l’efficacité énergétique » ainsi que la confirmation de la sortie du charbon en 2030 en Rhénanie-du-Nord–Westphalie, le plus grand Land allemand qui compte plus de 17 millions d’habitants.
Quelques jours auparavant, le congrès du parti des Verts s’était prononcé contre le maintien des trois centrales nucléaires sur le réseau. La deuxième ligne rouge des Verts concernait l’acquisition de nouvelles barres de combustible, qui ne devraient pas être acquises par l’Allemagne, selon les dernières informations disponibles lundi soir.
Le ministre des Finances, Christian Lindner, qui s’est récemment montré résolument favorable aux centrales nucléaires, s’est réjoui de la décision de M. Scholz.
« La poursuite de l’utilisation de la centrale nucléaire d’Emsland est une contribution importante à la stabilité du réseau, aux coûts de l’électricité et à la protection du climat », a-t-il déclaré sur Twitter.
M. Linder a assuré que la décision de M. Scholz était une victoire pour le FDP. « La proposition a donc le plein soutien des démocrates libres », a-t-il ajouté.
Jusqu’à présent, les ténors des Verts, le ministre de l’Économie Robert Habeck et la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, se sont montrés réticents à tout commentaire sur ce que les observateurs perçoivent comme une pilule difficile à avaler pour le parti antinucléaire.
Les Verts au Parlement, dont le soutien est nécessaire pour que les centrales continuent de fonctionner, étaient ouvertement mécontents.
« Il est regrettable qu’Olaf Scholz et le SPD soient apparemment prêts à mettre la centrale nucléaire de l’Emsland en réserve, alors qu’il n’y a aucune raison factuelle ou technique pour cela », ont expliqué les co-présidentes Britta Haßelmann et Katharina Dröge, toutes deux ouvertement antinucléaires.
« Nous allons maintenant consulter notre groupe sur la manière de réagir à la décision du chancelier », ont-elles ajouté.
Les ONG de défense de l’environnement, quant à elles, se sont montrées très critiques.
« La poursuite de l’exploitation des trois centrales nucléaires allemandes est inutile et dangereuse. Par sa décision solitaire, le chancelier fédéral veut simplement que les réacteurs vieillissants soient déclarés “sûrs” par la loi », a expliqué Sascha Müller-Kraenner, directeur général d’Environmental Action Germany (DUH).