Olaf Scholz appelle à une "politique commerciale ambitieuse" pour l'UE
Le chancelier allemand Olaf Scholz a appelé à une revitalisation de la politique commerciale de l’UE lors de son discours sur l’Europe à Prague lundi (29 août).
Le chancelier allemand Olaf Scholz a appelé à une revitalisation de la politique commerciale de l’UE lors de son discours sur l’Europe à Prague lundi (29 août). Parallèlement, son gouvernement à Berlin a fait part de progrès dans l’adaptation de l’accord commercial de l’UE avec le Canada à ses besoins.
L’Allemagne, autoproclamée « championne du monde des exportations », était autrefois l’un des principaux moteurs des accords de libre-échange de l’UE.
Pourtant, la résistance du public allemand à l’accord de libre-échange avec les États-Unis, appelé TTIP (ou TAFTA), a considérablement réduit la volonté de Berlin de conclure d’autres accords commerciaux ces dernières années.
M. Scholz cherche à changer cela, dans le contexte de l’attaque de la Russie en Ukraine et de la rivalité grandissante avec la Chine.
« L’Europe doit sa prospérité au commerce. Nous ne devons pas laisser ce domaine à d’autres », a expliqué M. Scholz lors de son discours à l’Université Charles de Prague.
« Nous avons donc besoin d’accords de libre-échange supplémentaires et durables et d’une politique commerciale ambitieuse », a-t-il ajouté.
Udo Bullmann, eurodéputé membre du SPD de M. Scholz, estime que le discours du chancelier allemand a marqué un changement significatif, passant « de l’idéologie au pragmatisme », qui, selon M. Bullmann, « devrait bien sûr s’appliquer également aux relations commerciales ».
« Considérez le nombre de débats que nous avons eu et que nous avons encore autour du CETA [l’accord de libre-échange de l’UE avec le Canada] », a-t-il déclaré à EURACTIV, ajoutant qu’« aujourd’hui, nous sommes heureux d’avoir établi un accord commercial intelligent avec le Canada. »
Les Verts allemands, qui sont désormais le deuxième parti le plus important du gouvernement, se sont longtemps opposés aux clauses dites de protection des investissements du traité, craignant l’apparition d’une justice parallèle ouverte aux seuls investisseurs étrangers.
Franchir les obstacles du CETA
Parallèlement au nouveau programme commercial de M. Scholz, le gouvernement allemand a annoncé lundi qu’il avait réalisé des progrès significatifs pour répondre aux préoccupations relatives aux clauses de protection des investissements prévues par le CETA.
Ces clauses promettent un « traitement juste et équitable » aux investisseurs. Les politiques environnementales interdisant de plus en plus certains biens ou procédés de production, la perspective de poursuites judiciaires fondées sur le droit à un traitement juste et équitable avait suscité l’inquiétude des législateurs allemands.
C’est pourquoi la Commission et le ministère allemand de l’Économie et du Climat se sont mis d’accord sur un nouveau projet de texte portant sur ces définitions, qui est juridiquement solide.
Il garantit que « les mesures nécessaires dans le cadre de la politique en matière de climat, d’énergie ou de santé ne peuvent être remises en cause par les investisseurs ou donner lieu à des demandes d’indemnisation », a déclaré le ministère lundi.
« Il est important de préciser, dans le cadre de l’accord existant, que l’objectif commun de protection du climat est rendu possible et que les demandes abusives dans le domaine de la protection des investissements sont évitées », a déclaré Franziska Brantner, responsable politique écologiste et secrétaire d’État au ministère de l’Économie.
Il reste maintenant à la Commission européenne et à Berlin à rallier les autres pays de l’UE à leur cause.
Des partenariats sur un pied d’égalité
Dans son discours à Prague, M. Scholz a souligné la nécessité de s’adapter à un « monde multipolaire — et c’est ce qu’est le monde du XXIe siècle ».
Ainsi, il ne faut « pas se contenter de s’occuper des partenariats préexistants », a-t-il noté. « Nous allons investir dans de nouveaux partenariats — en Asie, en Afrique et en Amérique latine. »
M. Bullmann, député du SPD, a salué ce clin d’œil aux autres continents. « C’est l’engagement d’activer et de réactiver nos contacts avec l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine qui est souhaité et attendu de toute urgence », a-t-il expliqué.
Mais dans les partenariats avec les partenaires économiques plus faibles, il faut veiller à ce que ceux-ci s’opèrent sur un pied d’égalité et soient axés sur l’indispensable « transition écologique. »
La Commission européenne a fait un premier pas dans cette direction en juillet en concluant les négociations d’un accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande, comprenant une nouvelle approche du commerce et du développement durable.
Le véritable test de ce nouvel élan vers davantage de libre-échange se présentera sous la forme de partenaires commerciaux potentiels plus importants. La Commission a, par exemple, entamé en juin des négociations de libre-échange avec l’Inde, pays traditionnellement protectionniste.