Olaf Scholz défend le renforcement de la dissuasion militaire allemande et balaye les inquiétudes

Face aux critiques internes, le chancelier allemand, Olaf Scholz, a soutenu mercredi 24 juillet la nouvelle position belliqueuse du pays en matière de défense, affirmant que le contexte appelle à une dissuasion renforcée plutôt qu’à un contrôle des armements.

Euractiv.com
Annual summer press conference of German Chancellor Scholz
Le chancelier allemand Olaf Scholz aborde les questions de politique intérieure et étrangère lors de la conférence de presse estivale annuelle à Berlin, en Allemagne, le 24 juillet 2024. [EPA-EFE/HANNIBAL HANSCHKE]

Face aux critiques internes, le chancelier allemand, Olaf Scholz, a soutenu mercredi 24 juillet la nouvelle position belliqueuse du pays en matière de défense, affirmant que le contexte appelle à une dissuasion renforcée plutôt qu’à un contrôle des armements.

Récemment, le gouvernement allemand et les États-Unis ont conclu un accord sur le stationnement de missiles américains à longue portée sur le territoire allemand, pour la première fois depuis la guerre froide, dans le cadre d’une initiative plus large visant à reconstruire l’architecture de sécurité de l’Allemagne.

Certains opposants ont estimé que cette mesure constituait une escalade et pourrait faire de l’Allemagne une cible pour les représailles de la Russie.

Olaf Scholz a quant à lui réfuté ces inquiétudes, affirmant que le renforcement de la dissuasion militaire de l’Allemagne était une priorité face à la menace russe.

« Bien sûr, nous aimerions vivre dans un monde où le contrôle des armements serait à nouveau une priorité. Mais aujourd’hui, il s’agit avant tout d’assurer notre sécurité grâce à la dissuasion nécessaire pour que la guerre n’éclate pas », a déclaré le chancelier allemand lors de la traditionnelle conférence de presse avant le début de ses vacances d’été.

Il a tout de même insisté sur le fait qu’il restait dévoué à la paix.

« Je ne partage pas les polémiques des populistes de droite et de gauche et de certains agitateurs, selon lesquels on n’est en faveur de la paix que si l’on recommande une reddition inconditionnelle à l’Ukraine », a-t-il ajouté.

La décision du gouvernement concernant les missiles américains a fait l’objet de vives critiques même au sein du parti d’Olaf Scholz, le SPD (S&D) de centre gauche.

« Le risque d’une escalade militaire involontaire est considérable », a prévenu Rolf Mützenich, chef du groupe parlementaire du SPD au parlement allemand, au début de la semaine.

Le malaise du « Zeitenwende »

La controverse a souligné le malaise persistant en Allemagne face au renforcement militaire du pays, que le chancelier avait qualifié de « Zeitenwende » (changement d’époque), à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Parallèlement, les évaluations du bilan du chancelier en matière de dissuasion et de soutien à l’Ukraine sont ambiguës. Les partisans de la sécurité, issus des rangs de sa propre coalition, ont critiqué à plusieurs reprises le soutien apporté par Olaf Scholz au pays contre l’invasion russe, qu’ils jugent insuffisant.

Malgré les retours mitigés sur ses décisions, le chancelier a affirmé que son propre parti le soutenait, soulignant son désir de se présenter à nouveau aux prochaines élections nationales, en 2025.

« Le SPD est un parti très uni. Nous sommes tous déterminés à faire campagne ensemble lors des prochaines élections fédérales, et à gagner. Et je me présenterai pour être de nouveau chancelier », a-t-il ajouté.

[Édité par Anna Martino]