Olaf Scholz mise sur la prime « Made in Germany » pour revenir sur le devant de la scène électorale

Les sociaux-démocrates du chancelier Olaf Scholz, dont la popularité est actuellement au plus bas à l’approche des élections générales de 2025, proposent d’introduire une prime « Made in Germany » (fabriqué en Allemagne) pour encourager les entreprises étrangères à produire en Allemagne.

/ EURACTIV Allemagne
German Chancellor Scholz meets Representatives of leading German business associations
Le chancelier allemand Olaf Scholz arrive à la « Maison de l'économie allemande » à Berlin, Allemagne, le 10 avril 2024. [EPA-EFE/HANNIBAL HANSCHKE]

Les sociaux-démocrates du chancelier Olaf Scholz, dont la popularité est actuellement au plus bas à l’approche des élections générales de 2025, proposent d’introduire une prime « Made in Germany » (fabriqué en Allemagne) pour encourager les entreprises étrangères à produire en Allemagne.

Olaf Scholz et son parti social-démocrate (SPD) devaient se mettre d’accord sur une stratégie de programme pour les prochaines élections nationales, lors d’une retraite dimanche 13 octobre, dont les points clés incluent une prime « Made in Germany » pour encourager les investissements étrangers et le soutien à la « classe moyenne ».

Il faut dire que le chancelier est au pied du mur : sa popularité dans les sondages est la plus faible jamais enregistrée depuis 1997 pour un chancelier, et son parti figure en troisième position derrière les chrétiens-démocrates de centre droit (CDU/CSU) et l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) d’extrême droite.

Lars Klingbeil, leader du SPD, a souligné avant la retraite que le parti d’Olaf Scholz croit toujours en une remontée victorieuse.

« Notre objectif est que le SPD devienne la force la plus puissante lors des élections au Bundestag dans douze mois et que nous continuions à diriger la chancellerie », a indiqué Lars Klingbeil à Berlin dimanche.

« Nous savons à quel point ce sera difficile », a-t-il toutefois admis.

Selon lui, le SPD ferait campagne sur de « meilleures politiques », en particulier pour la « classe moyenne ouvrière » d’Allemagne.

« Made in Germany » et salaire minimum

Un document sur les orientations stratégiques de la campagne, élaboré par la direction du parti, propose des allègements fiscaux pour les investisseurs internationaux — un « bonus Made in Germany » pour les entreprises — ainsi qu’une réduction des frais d’utilisation du réseau pour les industries à forte consommation d’énergie, telles que les industries de produits chimiques ou du secteur verrier.

Le document mentionne également une augmentation du salaire minimum, des réductions d’impôts pour « 95 % » des Allemands et la réintroduction d’une prime à l’achat pour les véhicules électriques — un programme national similaire a été supprimé à la fin de l’année 2023, entraînant une chute des ventes de véhicules électriques en Allemagne.

Alors que le chancelier Olaf Scholz et son gouvernement de coalition sont impopulaires, les partis d’opposition CDU et AfD ont mené une campagne acharnée contre l’objectif de l’UE de retirer les voitures à carburant fossile de la circulation d’ici 2035. Leur principal argument repose sur le fait que l’action du gouvernement en faveur de la mobilité électrique est idéologique et contestée en Allemagne.

Selon Der Spiegel, le document sur les orientations stratégiques du SPD n’évoque pratiquement pas les sujets de politique étrangère tels que la guerre en Ukraine et l’immigration, malgré la situation géopolitique tendue. Les propositions se concentrent principalement sur la lutte contre le marasme économique de l’Allemagne.

Lors d’une conférence CDU-CSU au cours du week-end, la CSU, le parti frère de la CDU dans le Land bavarois, moteur de l’industrie automobile, s’est engagée à « envoyer Olaf Scholz à la retraite ». De son côté, Lars Klingbeil a indiqué que le SPD s’attaquerait également aux faiblesses du candidat conservateur à la chancellerie de la CDU, Friedrich Merz, ajoutant que « la politique d’hier ne doit pas être l’avenir du pays ».

Alors que la liste CDU/CSU de Friedrich Merz dépasse les 30 % dans les sondages, sa popularité personnelle reste inégale. De récents sondages l’ont placé au coude à coude avec Olaf Scholz, ou à peine au-dessus, si les électeurs devaient choisir le chancelier dans le cadre d’une élection directe.

Lars Klingbeil a réaffirmé que le SPD soutenait Olaf Scholz en tant que candidat principal, contrairement aux rumeurs précédentes. Sa candidature devrait être confirmée lors d’une conférence en juin 2025.