Olaf Scholz se dit prêt à négocier la date des élections anticipées
Le chancelier allemand Olaf Scholz a laissé entendre que, en échange du soutien de l’opposition sur des textes législatifs clés, il serait ouvert à négocier une date plus proche pour les élections anticipées.
Le chancelier allemand Olaf Scholz a laissé entendre que, en échange du soutien de l’opposition sur des textes législatifs clés, il serait ouvert à négocier une date plus proche pour les élections anticipées.
Il s’agit là d’un changement notable par rapport à l’annonce précédente d’Olaf Scholz selon laquelle il convoquerait un vote de confiance le 15 janvier afin d’organiser des élections « d’ici la fin du mois de mars », après l’écroulement de sa coalition gouvernementale ce mercredi 6 novembre et la nomination du nouveau Conseil des ministres allemand le lendemain.
Mercredi, en effet, le gouvernement de coalition tripartite composé du Parti social-démocrate (SPD), des Verts et du Parti libéral-démocrate (FDP) a volé en éclat en raison de désaccords sur la politique économique qui avaient par ailleurs conduit Olaf Scholz à limoger le ministre des Finances libéral, Christian Lindner.
À l’origine, les prochaines élections nationales étaient prévues pour le 28 septembre 2025. Mais alors qu’Olaf Scholz avait l’intention de tenir un vote de confiance le 15 janvier, son rival Friedrich Merz, leader du parti d’opposition Union chrétienne-démocrate (CDU/CSU) et favori des sondages, a demandé au chancelier lors d’une brève réunion jeudi 7 novembre d’avancer cette date.
Le chancelier allemand a annoncé ce vendredi 8 novembre que les partis « démocratiques » au Parlement devraient parvenir à un accord sur les lois qui pourraient être adoptées d’ici la fin de l’année.
« Cet accord pourrait également répondre à la question de savoir quel est le bon moment pour organiser le vote de confiance au Bundestag [Assemblée parlementaire allemande], y compris en ce qui concerne une éventuelle date pour des élections anticipées », a déclaré Olaf Scholz aux journalistes lors d’un sommet informel de l’UE à Budapest vendredi.
Selon lui, la discussion sur la date des élections devrait se dérouler « dans le calme ».
Olaf Scholz ne peut être contraint par la Constitution à organiser un vote de confiance ni des élections anticipées par rapport à la date prévue. Cependant, son gouvernement minoritaire dépend des votes de l’opposition pour faire passer toute législation.
Le chancelier a refusé de préciser s’il y avait des lois spécifiques sur lesquelles il insisterait avant de consentir à l’organisation d’élections anticipées.
Mais peu après la déclaration d’Olaf Scholz, il a été révélé que le Bureau fédéral des élections avait mis en garde le chancelier contre l’organisation d’élections dans un futur trop proche.
Ruth Brand, directrice du Bureau fédéral des élections, a expliqué que la fixation de « dates et d’échéances » pendant la période de Noël et du Nouvel An rendrait d’importants préparatifs électoraux « virtuellement impossibles à réaliser ».
Selon la loi allemande, une élection anticipée doit être convoquée dans les 60 jours suivant la dissolution du Bundestag, qui, elle, doit s’effectuer dans les 21 jours suivant un vote de confiance.
[Édité par Anna Martino]