Olivier Faure bientôt fixé sur son sort à la tête du Parti socialiste
Le second tour de l’élection du Premier secrétaire du Parti socialiste se tient ce jeudi (19 janvier) et opposera Olivier Faure à l’ « outsider » Nicolas Mayer-Rossignol. Bien qu'il soit largement en tête, rien n'est joué pour le Premier secrétaire sortant.
Le second tour de l’élection du Premier secrétaire du Parti socialiste se tient ce jeudi (19 janvier) et opposera Olivier Faure à l’ « outsider » Nicolas Mayer-Rossignol. Bien qu’il soit largement en tête, rien n’est joué pour le Premier secrétaire sortant.
Sur les quelque 23 000 adhérents qui ont exprimé un suffrage jeudi dernier, le sortant Olivier Faure a réuni un peu moins d’un suffrage sur deux (49,15 %), suivi du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol (30,51 %) et de la maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy (20,34 %) – depuis éliminée de la course.
Insoumission aux insoumis
Le nerf de la guerre de ce congrès réside, comme EURACTIV le rapportait en amont du premier tour, dans l’alliance de la NUPES, qui réunit les principaux partis de gauche, et dans la place occupée par La France insoumise (LFI), mouvement de gauche radicale chapeauté par Jean-Luc Mélenchon.
En rappelant son attachement à une « union » de la gauche, Nicolas Mayer-Rossignol ne reproche pas tant à Olivier Faure et sa direction d’avoir scellé une alliance, mais la manière dont celle-ci se traduit dans les équilibres actuels. Dans une interview accordée à France Culture mercredi (18 janvier), il se désole en effet que le Parti socialiste soit « aux marges de la gauche », en ayant notamment changé de position ou entretenu des ambiguïtés du fait de l’alliance.
Par exemple, sur la très actuelle question de la réforme des retraites, M. Faure s’est dit favorable à un âge légal de départ en retraite à 60 ans, en se conformant donc à la position de La France insoumise, après avoir défendu 62 ans lors de la campagne présidentielle, il y a moins d’un an.
M. Mayer-Rossignol veut donc « remettre le socialisme au cœur de la gauche », qui selon lui doit s’unir, mais selon le principe suivant : « alliés oui, alignés non ». Et ce, car « une gauche dont le centre de gravité serait dominé par LFI ne peut rassembler une majorité de Français », à l’heure où la victoire de Marine Le Pen n’est plus théorique, mais un danger qui se concrétise, détaille-t-il.
Olivier Faure accuse quant à lui son rival d’être « flou » sur la ligne qu’il entend tenir, mais reconnaît, par la profession de foi envoyée aux militants, que l’ « objectif est désormais de faire en sorte que l’espace de dialogue qu’est la NUPES évolue et se rééquilibre ».
Un point, d’importance pour le PS, les rassemble : aucun d’entre eux ne croit à l’existence de « gauches irréconciliables ». Cette théorie, notamment portée par l’ancien Premier ministre Manuel Valls lorsqu’il était encore au parti, a plusieurs fois empêché des alliances de se matérialiser, tant localement que nationalement.
Autre point d’accord, pour les élections européennes par exemple, M. Mayer-Rossignol assure qu’ « il n’y aura pas de liste commune possible avec un parti qui refuse jusqu’au drapeau européen dans ses meetings ». Olivier Faure a réfuté l’idée à son tour lors d’un débat entre les candidats début janvier.
Guerre des chiffres et reports des voix
Alors, à quel résultat s’attendre après le vote de jeudi ? « Pour la première fois, une direction sortante est minoritaire », explique M. Mayer-Rossignol dans un entretien accordé au Figaro mercredi. C’est effectivement la première fois. Toutefois, avec 49,15 % des voix au premier tour, le sortant Olivier Faure devance largement son concurrent.
M. Faure serait, selon ses équipes, déjà assuré d’avoir une majorité au conseil national, ce qui, à leurs yeux, rendrait cohérente sa réélection au premier secrétariat – ce que les soutiens de M. Mayer-Rossignol contestent.
Toute la question réside donc dans le comportement des électeurs d’Hélène Geoffroy, qui soutient le maire de Rouen contre le Premier secrétaire sortant, et dans l’éventuelle mobilisation de ceux qui se sont abstenus – 19 000 environ.
Particulièrement remontés contre M. Mélenchon et les insoumis, les électeurs de Mme Geoffroy devraient se reporter pour l’essentiel sur la candidature de M. Mayer-Rossignol – encore faut-il qu’ils votent en nombre. La somme des scores des deux opposants à Olivier Faure dépasse en effet de peu la majorité, mais vu la proximité de M. Faure du seuil de 50 %, l’issue du vote est en réalité incertaine.
Quoi qu’il arrive, le chantier de la réconciliation entre socialistes et entre les deux lignes qui se sont dégagées est important. Les deux candidats ont conscience de la situation, ayant affiché le « rassemblement » comme une priorité en cas d’élection, ou de réélection. Réponse dans la nuit de vendredi, ou dans le week-end en cas de résultats très serrés.