Olli Rehn reconnaît le risque de “dévaluation compétivitive” des devises
Le commissaire européen aux Affaires économiques partage le point de vue de Berlin.
Le commissaire européen aux Affaires économiques partage le point de vue de Berlin.
La politique de change émerge de nouveau dans le débat politique, à la faveur de déclarations de François Hollande sur l’euro fort. Selon le Président français, une monnaie unique trop forte pourrait annuler les efforts faits par les Etats en matière de compétitivité et de coût du travail. Au début du mois, elle a grimpé à 1,37 dollar, un pic depuis 14 mois.
Dans une interview au magazine autrichien Profil, samedi 9 février, le commissaire européen Olli Rehn n’a pas évoqué la nécessité d’adopter une politique de change au plan européen, rejetant les dysfonctionnements sur les actions des autres pays.
« Je reconnais qu’il existe un risque de dévaluation compétitive. Nous avons récemment alerté le gouvernement du Japon contre des mesures allant dans le sens d’une dépréciation du yen”, a expliqué le Finlandais.
Une position que la chancelière allemande n’aurait pas de mal à faire sienne. Lors du forum économique de Davos, Angela Merkel, “préoccupée” par le niveau bas du yen, avait dénoncé le risque de “guerre des monnaies”.
La politique de change allonge la liste des divergences entre Paris et Berlin, dont les économies ne réagissent pas de la même manière à l’évolution de la monnaie unique.
Une récente étude de Deutsche Bank établit à 1,22-1,24 dollar le niveau de l’euro à partir duquel l’économie française est fragilisée. Pour l’Italie, ce niveau serait de 1,16-1,17 dollar, tandis qu’il serait de 1,54-1,94 dollar pour l’Allemagne et de 1,83-1,90 dollar pour l’Espagne.