OTAN : la Hongrie ratifie la candidature de la Finlande, mais fait patienter la Suède

Le Parlement hongrois a ratifié l’adhésion de la Finlande à l’OTAN lundi (27 mars), mais a décidé de retarder la ratification pour la Suède.

Euractiv.com / Telex
Opening day of the parliament’s autumn session in Budapest
Les législateurs de Budapest ont voté en faveur de l’adhésion de la Finlande à l’OTAN, avec une écrasante majorité de 182 députés pour et 6 contre, ce qui signifie que seule la Turquie doit maintenant ratifier l’adhésion de la Finlande. [[EPA-EFE/ZOLTAN MATHE]]

Le Parlement hongrois a ratifié l’adhésion de la Finlande à l’OTAN lundi (27 mars), mais a décidé de retarder la ratification pour la Suède. Les principaux députés du parti Fidesz de M. Orban ont cité comme raison principale l’irritation suscitée par les déclarations passées de Stockholm sur le régime de M. Orban.

Les législateurs de Budapest ont voté en faveur de l’adhésion de la Finlande à l’OTAN, avec une écrasante majorité de 182 députés pour et 6 contre, ce qui signifie que seule la Turquie doit maintenant ratifier l’adhésion de la Finlande.

Après huit mois de reports répétés du vote depuis que le ministère des Affaires étrangères a déposé sa proposition de ratification d’adhésion à l’OTAN, le vote était considéré comme une formalité puisque le parti au pouvoir, le Fidesz, majoritaire au Parlement, avait déjà déclaré qu’il s’agirait d’un vote unanime positif.

En ce qui concerne la Suède, le Parlement a décidé de reporter et de réexaminer séparément la demande d’adhésion du pays à l’OTAN. Le président du Parlement, László Kövér, a déclaré que la Hongrie soutenait la candidature de la Suède et que le pays pouvait s’attendre à une ratification « dans un avenir proche ».

Alors que le Premier ministre suédois Ulf Kristersson (Parti modéré de rassemblement, PPE) n’a pas obtenu d’éclaircissements sur la question lors de sa rencontre avec son homologue hongrois Viktor Orbán à Bruxelles jeudi (23 mars), plusieurs hauts responsables hongrois ont mentionné l’irritation de Budapest face aux critiques de Stockholm à l’égard de leur pays comme la principale raison du report du vote hongrois sur l’adhésion de la Suède.

« Certains députés hongrois se sentent mal à l’aise parce qu’ils ont vu comment les ministres suédois ont pris l’habitude de remettre en question la démocratie en Hongrie », a déclaré Balázs Orbán, conseiller politique du Premier ministre dénué de lien de parenté avec ce dernier.

« Ils ont insulté à plusieurs reprises les électeurs et les responsables politiques hongrois et, partant, la Hongrie tout entière », a-t-il ajouté, affirmant que les représentants hongrois « attendent d’être rassurés » par la Suède. Ces propos font écho à ceux du ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto, qui a déclaré le week-end dernier que les responsables politiques hongrois en avaient assez d’être montrés du doigt par les pays nordiques.

Selon Ágnes Vadai, députée de la Coalition démocratique (DK), les Finlandais et les Suédois « n’ont pas critiqué le peuple hongrois, mais le gouvernement ». L’attente des huit derniers mois n’était pas nécessaire puisque les demandes d’adhésion auraient pu être approuvées dès l’été dernier, a-t-elle expliqué.

Un passé troublant

Mais selon le conseiller politique de M. Orbán, certains responsables politiques suédois de premier plan ont critiqué le gouvernement hongrois actuel dans le contexte des désaccords et des différends entre l’UE et Budapest au sujet de l’État de droit en Hongrie.

En mars 2021, M. Kristersson — alors chef de file de l’opposition — a déclaré que pour « l’UE, une grande partie du travail consiste encore à briser le développement en Hongrie, à faire pression sur le gouvernement hongrois et à soutenir l’opposition de plus en plus forte ».

Le conseiller politique du Premier ministre s’en est également pris à la ministre des Affaires européennes, Jessika Roswall, qui, à l’époque où elle était porte-parole du Parti modéré de rassemblement pour les questions européennes, a indiqué qu’il était « désormais nécessaire que l’UE agisse clairement et que le nouveau mécanisme de conditionnalité mette fin aux paiements à la Hongrie ».

Le ministre de l’Emploi et de l’Intégration et leader du parti libéral Johan Pehrson a également été critiqué pour avoir précédemment déclaré que le « gouvernement xénophobe et nationaliste de la Hongrie continuait à violer le principe de l’État de droit et renonçait à soutenir l’Ukraine ».

EURACTIV a contacté les autorités suédoises, mais n’a pas reçu de réponse au moment de la publication.