OTAN : l’Allemagne et la Norvège veulent partager la protection des infrastructures sous-marines
Afin de renforcer la sécurité des infrastructures sous-marines, l’Allemagne et la Norvège proposent de diviser le territoire de l’OTAN en cinq régions maritimes, chacune sous la protection d’un membre de l’Alliance.
Afin de renforcer la sécurité des infrastructures sous-marines, l’Allemagne et la Norvège proposent de diviser le territoire de l’OTAN en cinq régions maritimes, chacune sous la protection d’un membre de l’Alliance.
La protection des infrastructures sous-marines, telles que les gazoducs ou les câbles de communication, est devenue un enjeu majeur à la suite de l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie.
Il y a deux ans, une attaque avait neutralisé le gazoduc sous-marin allemand Nord Stream, dans la mer Baltique, et les enquêtes, toujours en cours, se concentrent sur des suspects ukrainiens.
Depuis, l’Allemagne et la Norvège ont fait pression ensemble pour que l’OTAN mette davantage l’accent sur la sécurité sous-marine, notamment en créant un nouveau Centre de compétences pour la sécurité des Infrastructures sous-marines critiques à Londres.
Oslo et Berlin ont proposé, ce jeudi 17 octobre, de diviser la responsabilité première des membres de l’OTAN en matière de protection des régions maritimes.
« Nous proposons la création d’une plateforme régionale pour chacune des cinq régions maritimes : la mer Baltique, la mer du Nord, l’Atlantique, la Méditerranée et la mer Noire », a expliqué le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, aux journalistes en marge du sommet ministériel de l’OTAN à Bruxelles.
« Ces cinq plateformes pourraient être gérées par un allié ou un groupe d’alliés », a-t-il ajouté, précisant que l’Allemagne souhaitait assumer la responsabilité de la mer Baltique et la Norvège celle de la mer du Nord.
Selon la proposition, les pays responsables fourniraient du personnel et des équipements, surveilleraient l’infrastructure existante dans leur région et renforceraient si nécessaire la vigilance dans les zones surveillées.
Par ailleurs, le ministre allemand de la Défense inaugurera lundi 21 octobre un nouveau quartier général tactique maritime de l’OTAN à Rostock, au bord de la mer Baltique. Ce centre disposera des ressources nécessaires pour la zone de responsabilité proposée par l’Allemagne.
« Nous avons besoin de l’ensemble de l’Alliance »
Selon nos informations, les plans ont été discutés avec les membres de l’OTAN, mais aucune conclusion n’a encore été trouvée sur la division des régions et l’avenir général de l’initiative de la Norvège et de l’Allemagne.
Boris Pistorius a exhorté « les alliés à se joindre à l’initiative et à apporter leur expertise et leurs compétences maritimes uniques dans le cadre d’une approche à 360 degrés ». Il a également demandé que davantage de personnel et de ressources soient consacrés aux infrastructures maritimes critiques.
Le ministre norvégien de la Défense, Bjørn Arild Gram, a pour sa part souligné que « l’ensemble de l’alliance doit se joindre à cette initiative ».
Après des cas d’attaques ou de perturbations soudaines au cours des deux dernières années, l’OTAN a annoncé qu’elle soutiendrait ses membres, en coordination avec l’Union européenne, dans la protection des infrastructures critiques.
Toutefois, la tâche principale de l’Alliance militaire consiste à travailler sur les capacités et la planification de la défense, et la protection des infrastructures critiques n’entre pas dans cette catégorie, étant donné qu’elles opèrent souvent avec le secteur commercial. Elle relève plutôt du concept flou de « résilience », dans lequel le rôle de l’OTAN n’est pas clair.
[Édité par Anna Martino]