OTAN : les ministres des Affaires étrangères discutent adhésion et troubles au Kosovo

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est montré optimiste quant à l’adhésion de la Suède à l’Alliance militaire occidentale, alors que les États-Unis font pression sur la Turquie pour qu’elle lève son veto avant la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN.

Euractiv.com
Ahead of NATO Foreign Ministers’ Meeting in Oslo
Le secrétaire général de l'OTAN, M. Jens Stoltenberg (à gauche), et le Premier ministre norvégien, M. Jonas Gahr Store, assistent à une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Oslo (Norvège), le 30 mai 2023. [EPA-EFE/Heiko Junge ]

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est montré optimiste quant à l’adhésion de la Suède à l’Alliance militaire occidentale, alors que les États-Unis font pression sur la Turquie pour qu’elle lève son veto avant la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance, mercredi (31 mai).

La réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Oslo, en Norvège, est la deuxième du genre après que l’Allemagne a initié ce format l’année dernière à Berlin.

Les délégations se comporteront toutefois comme s’il s’agissait d’une réunion « formelle », ont confié plusieurs diplomates de l’OTAN à EURACTIV. Cette fois-ci pourtant, la réunion sera différente : pas de point de parole, pas de liste d’orateurs et pas de tables rondes.

Adhésion de la Suède

Une grande partie de l’attention se concentrera sur la position de la Turquie vis-à-vis de l’adhésion de la Suède, notamment au vu de la réélection du président turc Recep Tayyip Erdoğan.

Tous les diplomates et les capitales de l’OTAN attendaient de connaître le résultat de l’élection turque, qui influencera le sort de l’adhésion de la Suède à l’Alliance, Ankara ayant retardé son approbation de la candidature suédoise afin de faire pression sur Stockholm pour qu’elle applique des lois antiterroristes plus strictes — un cheval de bataille pour M. Erdoğan.

En amont de la réunion, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que le gouvernement suédois avait déjà répondu aux préoccupations turques.

Bien que le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, soit à Ankara pour des raisons domestiques, M. Stoltenberg a déclaré que l’OTAN « travaillait également sur cette question dans le but de prendre une décision lors du sommet de Vilnius », prévu pour les 11 et 12 juillet.

« Je suis en contact étroit et permanent avec les autorités turques pour faire en sorte que la Suède devienne membre à part entière dès que possible », a déclaré M. Stoltenberg.

« Il n’y a pas de garanties, mais il est tout à fait possible de trouver une solution et de permettre à la Suède de décider de son adhésion à part entière d’ici là », a déclaré M. Stoltenberg à la presse à Oslo, à la veille de la réunion destinée à préparer le sommet de Vilnius.

Cette démarche est également suivie par d’autres alliés à travers la zone euro-atlantique, ont déclaré des diplomates de l’OTAN à EURACTIV, précisant que l’objectif était d’accueillir la Suède en tant que membre à part entière à temps pour le sommet de Vilnius en juillet.

L’Ukraine, autre sujet majeur

Jeudi (1er juin), une session de travail de trois heures est prévue, qui sera principalement consacrée au soutien de l’OTAN à l’Ukraine et à la future relation du pays avec l’Alliance.

Comme précédemment rapporté par EURACTIV, les membres de l’OTAN envisagent d’améliorer le format de leurs relations avec Kiev, dans le but d’étendre son paquet d’assistance pour le pays ravagé par la guerre et de montrer un soutien politique à sa demande d’adhésion.

Une feuille de route concrète pour l’adhésion reste toutefois une perspective plus lointaine.

Troubles au Kosovo

Même si le sujet n’est pas officiellement à l’ordre du jour de la réunion, les ministres évoqueront probablement les tensions au Kosovo, d’après ce qu’a compris EURACTIV.

L’OTAN a décidé de renforcer sa présence avec 700 soldats supplémentaires de la force de réserve opérationnelle pour les Balkans occidentaux déployés au Kosovo dans le cadre de la mission de l’alliance sur le terrain, appelée KFOR, a déclaré le secrétaire général Jens Stoltenberg à Oslo mardi (30 mai).

L’Alliance a également décidé « de mettre à disposition un bataillon supplémentaire de forces de réserve à un niveau de préparation plus élevé, afin qu’il puisse également être déployé en cas de besoin », a déclaré M. Stoltenberg.

La KFOR a été prise pour cible par des manifestants dans le nord du pays, où des affrontements ont éclaté entre les communautés.

M. Stoltenberg « condamne fermement les attaques non provoquées contre les troupes de la KFOR dans le nord du Kosovo, qui ont fait 30 blessés parmi les Casques bleus ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]