Panneaux solaires chinois : la majorité des Etats défavorables au relèvement des douanes
15 des 21 Etats membres interrogés par l'agence Reuters ont dit s'opposer aux mesures proposées par le commissaire Karel De Gucht. Six seulement, dont la France, soutiennent la Commission.
15 des 21 Etats membres interrogés par l’agence Reuters ont dit s’opposer aux mesures proposées par le commissaire Karel De Gucht. Six seulement, dont la France, soutiennent la Commission.
Les Etats de l’UE craignent-ils un bras de fer avec la Chine? D’après une enquête de l’agence Reuters, une majorité d’entre eux s’opposent au projet de la Commission d’imposer, dès le 6 juin, un relèvement important des droits de douane (47%) aux importations de panneaux solaires chinois.
Cette décision peut-être prise unilatéralement par la Commission pour une période de six mois. Néanmoins, les 27 pays de l’UE ont jusqu’à vendredi pour soumettre leur réponse formelle à la proposition de Karel De Gucht.
Les importations concernées représentent environ 21 milliards d’euros. La Commission reproche à la Chine des pratiques qu’elle assimile à du dumping.
Pression sur les Etats membres
Une rencontre informelle entre le commissaire au Commerce Karel de Gucht et le vice-ministre du Commerce chinois Zhong Shan a eu lieu, lundi 27 mai, à Bruxelles.
« Le commissaire De Gucht (…) a très clairement signifié au vice-ministre qu’il était informé des pressions exercées par la Chine sur un certain nombre d’Etats membres de l’UE », explique la Commission dans un communiqué.
La volonté « d’étudier la possibilité d’un règlement négocié en partenariat avec les Etats-Unis si cela devait devenir nécessaire » a également été évoquée.
Menaces de rétorsion
La Chine a pour sa part qualifié cette rencontre de « constructive ». Elle a souligné que les entretiens avaient porté non seulement sur la question des panneaux solaires, mais aussi sur les menaces de l’UE d’enquêter sur des soupçons de pratiques anticoncurrentielles de la part des équipementiers télécoms chinois Huawei et ZTE.
Toute initiative de l’UE sur l’un de ces deux sujets entraînera nécessairement une réaction chinoise, a dit Zhong Shan.
« De telles pratiques protectionnistes ne sont pas acceptables pour la Chine (…) et dégraderaient fortement le climat des relations économiques et commerciales bilatérales », écrit la mission chinoise auprès de l’Union européenne dans un communiqué.
« Le gouvernement chinois ne resterait pas passif et prendrait les mesures nécessaires pour défendre ses intérêts nationaux », ajoute-t-elle.
Paris soutient la Commission
Reuters a eu des contacts avec 21 des 27 Etats membres et 15 d’entre eux ont dit s’opposer au relèvement des droits de douane, contre six seulement qui soutiennent le commissaire De Gucht. Les six autres ont refusé de répondre ou n’étaient pas joignables.
Le dossier illustre les divisions de plus en plus nettes au sein de l’UE sur les relations avec la Chine, deuxième partenaire commercial des Vingt-Sept.
« Les pays qui pratiquent le protectionnisme, la Chine en fait partie, doivent accepter la réciprocité des règles », a-t-il ajouté.
L’Allemagne joue l’apaisement
La chancelière allemande, Angela Merkel, a dit dimanche au Premier ministre chinois Li Keqiang, que l’Allemagne, premier partenaire commercial européen de la Chine, ferait tout son possible pour éviter l’aggravation du différend.
Berlin privilégie désormais une solution négociée à ce conflit. « De nouvelles sanctions ne sont pas nécessaires », a estimé, lundi 27 mai, le ministre allemand de l’Economie, Philipp Rösler.
La Commission européenne assure quant à elle disposer de preuves du dumping chinois, selon une enquête de ses services qu’a pu consulter Reuters.