Paolo Gentiloni : si l’UE ne parvient pas à s’accorder sur l’Union des marchés de capitaux, les États membres s’organiseront entre eux

Les États membres voulant procéder à l’intégration de leurs marchés de capitaux devraient aller de l’avant par eux-mêmes si aucun consensus européen ne peut être atteint, anticipe le commissaire européen à l’Économie.

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Le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les États membres de l’UE désireux de procéder à l’intégration de leurs marchés de capitaux devraient aller de l’avant par eux-mêmes si aucun consensus européen ne peut être atteint, a anticipé le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, lundi (13 mai).

« Nous devrions progresser en tant qu’Union, et nous sommes tous engagés à le faire », a expliqué M. Gentiloni aux journalistes après la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui a eu lieu lundi à Bruxelles. « Mais je m’attends à ce que, si des progrès importants ne sont pas possibles [au niveau de l’UE], certains États membres adoptent un mode de coopération différent. »

« Il ne s’agit pas d’une suggestion ou d’une autorisation de la Commission », a-t-il noté, « mais de ce à quoi je m’attends ».

Les remarques de M. Gentiloni reflètent la frustration croissante de nombreux décideurs politiques de l’UE face au manque de progrès dans le renforcement de l’Union des marchés de capitaux (UMC), annoncée en 2015.

Lors d’un sommet spécial des dirigeants de l’UE le mois dernier, les États membres ont adopté certaines recommandations concernant l’UMC présentées par l’ancien Premier ministre italien Enrico Letta, telles que l’harmonisation des cadres nationaux en matière d’insolvabilité et un assouplissement des exigences règlementaires en matière de titrisation.

Toutefois, ils n’ont pas appelé à la mise en place d’un mécanisme de surveillance du marché unique ni l’harmonisation des régimes d’imposition des sociétés.

En février dernier, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, avait affirmé en avoir « assez des déclarations creuses » concernant l’UMC et a appelé les États à intégrer leurs marchés de capitaux « sur une base volontaire ».

« Si, au début, trois ou quatre pays rejoignent cette initiative, ce sera une bonne base », a affirmé M. Le Maire.

Lors d’un entretien accordé à Euractiv avant la réunion de lundi, le président de l’Eurogroupe, Paschal Donohoe, a déclaré qu’il espérait que les commentaires de M. Le Maire génèrent un élan politique en faveur de l’intégration de l’UMC.

Aux côtés de M. Gentiloni lors de la conférence de presse de lundi, M. Donohoe a déclaré : « Je pense que le commissaire Gentiloni a juste reconnu que cela [l’intégration volontaire de l’UMC] est une possibilité » et a réitéré son espoir que de telles remarques stimuleront une action politique supplémentaire.

Il a également souligné qu’il souhaitait vivement voir des progrès sur les marchés des capitaux dans tous les États membres de l’UE.

[Édité par Anna Martino]