Paris entretient le flou autour de sa conférence européenne sur le climat
Les 7 et 8 mars prochains, une conférence européenne sur le climat sera organisée à Nantes dans le cadre de la présidence française de l'UE (PFUE). Mais à moins d'un mois de son lancement, le flou demeure quant aux participants, et donc aux objectifs.
Les 7 et 8 mars prochains, une Conférence européenne sur le climat sera organisée à Nantes dans le cadre de la présidence française de l’UE (PFUE). Mais à moins d’un mois de son lancement, le flou demeure quant aux participants, et donc aux objectifs.
Selon le site de la PFUE, l’objectif de la conférence est « de contribuer à la mobilisation sur les enjeux climatiques européens, et sur l’atteinte de l’objectif rehaussé de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre (au moins 55 % en 2030) et de neutralité climatique de l’Union européenne (d’ici 2050 au plus tard) ».
Mais pour l’heure, peu d’informations ont filtré sur les intervenants. Le site de la PFUE indique la présence de « représentants de haut niveau des États membres de l’Union européenne, de la Commission européenne et du Parlement européen » ainsi que « des personnalités issues de la société civile, de la communauté scientifique, d’entreprises et des collectivités ».
On y attendrait Alok Sharma, le président de la COP26, Yasmine Fouad, la ministre égyptienne de l’Environnement, Patricia Espinosa Cantellano, la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la ministre indonésienne de l’Environnement en tant que représentante du G20, un membre du gouvernement allemand en tant que représentant du G7, un représentant de la Commission Européenne, des représentants des prochaines présidences du Conseil de l’UE (Suède et République tchèque).
« Faire un pont entre deux COP »
Seule certitude à ce stade, la conférence se déroulera à Nantes les 7 et 8 mars et sera « conçue comme une mini COP », selon un responsable du ministère de la Transition écologique qui s’exprimait lors d’une conférence de presse lundi (14 février).
Selon ce fonctionnaire, l’événement aurait été récemment requalifié en conférence ministérielle, sans que l’on sache pour autant quels ministres ont accepté d’y participer. « Dans un premier temps, cette conférence, organisée dans la cadre de la PFUE, n’avait pas été labellisé au niveau “conférence ministérielle” », explique l’expert du ministère.
La ministre française de la Transition écologique, « Barbara Pompili, a tenu à ce qu’elle le soit car nous avons considéré qu’il y avait une opportunité pour utiliser le leadership politique de la PFUE afin de faire un pont entre deux COP, [celle de Glasgow et celle de Charm el-Cheikh] » a-t-il ajouté.
En outre, aucune décision majeure n’est à attendre, le but premier étant de rassembler les bonnes volontés et de coordonner les agendas. « Le ministère de la Transition écologique n’attend pas de déclaration politique en sortie de cette Conférence, a indiqué un participant de l’événement. Il s’agit surtout de recréer du consensus autour de grands axes de travail sur la transition écologique en Europe. »
Côté programme, la conférence verra se succéder des tables rondes et sessions de travail afin d’aborder la question de l’accélération des efforts pour atténuer le changement climatique, puis la question de l’adaptation au climat, et notamment le rôle des villes et des régions. Une partie de la conférence sera “ministérielle”, une autre non, et l’enchaînement reste confus, vu de l’extérieur.
Créer des synergies
A cet événement “officiel” de la PFUE vient s’ajouter le sommet Climate Chance Europe, organisé par l’association Climate Chance, aux mêmes dates et sur le même site nantais.
Loin d’être un concurrent, le sommet se veut « en synergie avec la conférence européenne sur le climat » ont assuré les organisateurs lors d’une conférence de presse le 14 février.
Selon eux, il s’agit de se placer « dans une logique de dialogue, d’échanges, avec les experts de hauts niveaux, les personnalités invitées pour cette Conférence européenne ».
Pour autant, l’événement n’a pas été labellisé comme “événement tiers” par la PFUE, ce qui jette un doute sur son statut.
Réunissant des représentants de la société civile – associations, entreprises, collectivités locales… –, le sommet accueillera près de 300 intervenants de haut niveau selon les organisateurs. Parmi les personnalités annoncées : Apostolos Tzitzikostas, président du Comité européen des régions, Younous Omarjee, député européen, Eero Ailio, conseiller à la direction générale pour l’Energie de la Commission européenne, Patricia Espinosa Cantellano, Alok Sharma ou encore Barbara Pompili.
L’événement sera consacré à l’Europe, plus particulièrement « à la mise en oeuvre du green deal » et aux « enjeux d’atténuation et d’adaptation au changement climatique au niveau européen ».
L’objectif, au travers d’une trentaine d’ateliers de travail, est de « faire des propositions pour renforcer la mise en oeuvre du green deal » et de mobiliser les acteurs non-étatiques pour réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 – l’objectif fixé par l’UE.
« On a besoin de ce dialogue entre la Commission européenne, les Etats membres, et cette communauté des acteurs qui, au quotidien, développe des actions qui permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre » a précisé Ronan Dantec, le président de l’association Climate Chance et par ailleurs sénateur de Loire-Atlantique, lors de la conférence de presse.
Le dialogue sera matérialisé par deux séances plénières partagées entre la conférence européenne sur le climat et le sommet Climate Chance. La première portera sur le thème “De Glasgow à Sharm El-Sheikh, du Pacte vert pour l’Europe aux actions climat des territoires” et la seconde sur la lutte contre le changement climatique et la transition juste. Des intervenants se retrouveront par ailleurs sur les deux événements.
Pour les organisateurs du sommet ainsi que pour un conseiller politique du ministère de la Transition Ecologique présent à la conférence de presse, la concomitance des deux événements « est une opportunité de fertilisation croisée ».
Vu de l’extérieur pourtant, la complémentarité ne paraît pas si évidente, que ce soit en termes d’intervenants ou de programme.
[Edité par Frédéric Simon]