Pays-Bas : le retard dans le traitement des demandes d’asile proche des niveaux de 2015

Le service d’immigration des Pays-Bas n’a pas encore répondu à près de 30 000 personnes qui ont demandé l’asile, un retard proche de celui qui a pu être observé durant la crise migratoire de 2015, bien que le nombre de demandes soit beaucoup moins élevé qu’à l’époque.

EURACTIV.com
Asylum seekers sleep outside at Ter Apel application center
Le service néerlandais d’immigration et de naturalisation (Immigratie en Naturalisatiedienst, IND) traite actuellement 29 460 demandes d’asile, soit seulement 180 de moins que le nombre de demandes qui étaient en attente après le pic de la crise migratoire en 2015. [EPA-EFE/VINCENT JANNINK]

Le service d’immigration des Pays-Bas n’a pas encore répondu à près de 30 000 personnes qui ont demandé l’asile, un retard proche de celui qui a pu être observé durant la crise migratoire de 2015, bien que le nombre de demandes soit beaucoup moins élevé qu’à l’époque.

Le service néerlandais d’immigration et de naturalisation (Immigratie en Naturalisatiedienst, IND) traite actuellement 29 460 demandes d’asile, soit seulement 180 de moins que le nombre de demandes qui étaient en attente après le pic de la crise migratoire en 2015, si l’on en croit les données d’Eurostat. En 2015, les Pays-Bas ont reçu en moyenne 10  000 demandes par mois, un nombre bien supérieur à celui qu’ils reçoivent aujourd’hui.

« Plus les demandeurs d’asile doivent attendre pour leur procédure, plus il faut de places [dans les centres] d’accueil », a déclaré Martijn van der Linden, porte-parole du Conseil néerlandais pour les réfugiés, selon NOS.

« Que le retard accumulé atteigne presque un nouveau record alors que le centre d’accueil est surpeuplé est une crise après une autre crise », a-t-il ajouté.

Les Pays-Bas s’efforcent de trouver une solution à l’afflux de demandeurs d’asile. Le 26 août, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a déclaré qu’il avait « honte » des problèmes rencontrés au centre de traitement des demandes d’asile du pays, alors que Médecins sans frontières (MSF) a envoyé une équipe pour répondre aux besoins des migrants sur le plan médical.

Toutefois, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (Volkspartij voor Vrijheid en Democratie, VVD), dirigé par M. Rutte, est divisé sur la question.

Le 22 août, des politiciens du VVD ont écrit une lettre aux personnalités politiques nationales du parti, parmi lesquelles on retrouve M. Rutte et le secrétaire d’État Eric van der Burg, responsable de la politique d’asile.

Dans cette lettre, ils demandent l’abandon de la nouvelle politique d’accueil, qui oblige les municipalités à accepter les demandeurs d’asile.

Le gouvernement a récemment redoublé d’efforts pour accueillir les demandeurs d’asile. Le 21 septembre, le bateau de croisière Silja Europa, qui doit accueillir 1 000 demandeurs d’asile d’ici à février, est arrivé à Velsen-Noord.

« Toute personne qui a le droit de rester aura tous les droits et obligations associés à la participation pleine et entière et à l’intégration dans notre société », a déclaré le roi des Pays-Bas Willem-Alexander à propos de la situation lors de son discours annuel du Prinsjesdag la semaine dernière.