Peste porcine : l’Allemagne appelle Bruxelles à lever la zone de restriction

Le ministre allemand de l’Agriculture a demandé à la Commission, mercredi 24 août, de lever la zone de restriction qu’elle a imposée pour atténuer la propagation de la peste porcine en Basse-Saxe avant la date initialement convenue.

EURACTIV Allemagne
Livestock,Breeding.,Group,Of,Pigs,In,Farm,Yard.
Bruxelles a imposé cette zone de restriction, qui doit être maintenue jusqu’en octobre, dans le district d’Emsland après qu’un cas de peste porcine africaine (PPA) a été identifié dans un élevage de porcs domestiques en juillet. [SHUTTERSTOCK]

Le ministre allemand de l’Agriculture, Cem Özdemir, a demandé à la Commission européenne, mercredi 24 août, de lever la zone de restriction qu’elle a imposée pour atténuer la propagation de la peste porcine en Basse-Saxe avant la date initialement convenue.

Bruxelles a imposé cette zone de restriction, qui doit être maintenue jusqu’en octobre, dans le district d’Emsland après qu’un cas de peste porcine africaine (PPA) a été identifié dans un élevage de porcs domestiques en juillet.

Pendant cette période, les animaux provenant d’exploitations situées dans la zone ne peuvent être transportés que dans des circonstances exceptionnelles.

« Je demande instamment à la Commission européenne de prendre rapidement une décision dans l’intérêt des exploitations concernées », a déclaré le ministre écologiste.

Le ministère fait pression sur Bruxelles pour que « les mesures de protection importantes prises par les Länder et les exploitations soient récompensées en conséquence — par exemple en raccourcissant la durée [du maintien de la zone de restriction] », a ajouté le ministre.

Les résultats positifs des mesures prises appellent à une levée des restrictions, estime-t-il.

La Commission européenne est « consciente de la situation » et est « en contact régulier avec les autorités allemandes compétentes sur la question » concernant une réduction éventuelle du délai, a indiqué une porte-parole de la Commission à EURACTIV Allemagne.

Toutefois, en juillet encore, l’exécutif européen a rejeté une demande similaire de levée anticipée des restrictions liées à la peste porcine qu’il avait imposées dans la région fédérale du Bade-Wurtemberg.

Une situation « désastreuse »

Les avertissements du gouvernement régional de Basse-Saxe et des exploitations agricoles concernées se sont multipliés récemment, indiquant que les restrictions avaient fait naître une situation « très grave ».

Étant donné que de nombreux porcs ont déjà atteint ou dépassé leur poids d’abattage, l’espace dans les étables devient insuffisant, et plusieurs exploitations ont déjà demandé un abattage d’urgence.

La ministre régionale de l’Agriculture, Barbara Otte-Kinast, a envoyé dimanche une « lettre urgente » à son homologue au niveau fédéral, M. Özdemir. Dans cette lettre, elle lui demande de faire pression sur la Commission pour que les restrictions soient levées dès le début du mois de septembre.

Dans sa lettre, elle fait référence aux « problèmes liés au bien-être animal » causés par ces mesures, qui, selon elle, se sont encore aggravés récemment.

Mme Otte-Kinast a également fait valoir que le cas signalé en juillet était un cas isolé et que toute la zone de restriction était épargnée par la peste porcine africaine. Tous les résultats des tests se sont révélés négatifs et la période d’incubation de 15 jours est passée depuis longtemps sans qu’il y ait eu d’autre cas, a-t-elle précisé.

M. Özdemir, quant à lui, a expliqué que la demande à Bruxelles n’avait pas pu être envoyée plus tôt qu’elle ne l’a été, car les « données indispensables » n’avaient été transmises à Berlin par le ministère de Basse-Saxe qu’au cours du week-end.

Le secteur porcin sous pression

En plus de sa demande à Bruxelles, M. Özdemir a déclaré que son ministère est actuellement en discussion avec le Canada pour que le pays accepte la viande de porc provenant des zones soumises à des restrictions, Ottawa ayant jusqu’à présent refusé d’accepter la viande provenant de ces zones depuis que la restriction a été imposée en juillet.

Entre-temps, les épidémies de peste porcine africaine survenues ces derniers mois et ces dernières années ont accru la pression sur le secteur de la viande de porc, qui a été confronté à de fortes baisses des exportations ainsi que des prix à la production et qui parvient à peine à couvrir les coûts de production.

Le président de l’Association des agriculteurs allemands, Joachim Rukwied, a souligné lors d’une conférence de presse mardi que le secteur « souffre énormément » en Allemagne.

« Le secteur perd 10 % de ses exploitations par an », a-t-il indiqué. « Ils n’abandonnent pas parce qu’ils ne veulent plus élever d’animaux — ils abandonnent parce qu’ils ne peuvent pas, parce qu’ils sont économiquement au bout du rouleau. »

« Ces dernières années, de nombreuses exploitations porcines ont cessé leurs activités, notamment en raison des répercussions de la peste porcine africaine », a également déclaré M. Özdemir dans son communiqué, ajoutant que cela signifie que des « solutions pragmatiques et non complexes » sont désormais nécessaires.